mercredi 10 mars 2010

Moi c'est Jacquou le Croquant, entre 2 flics...

Il est sorti ! Nous sommes 100 écrivains à avoir écrit sur un héros de notre enfance. Moi, c'est Jacquou le Croquant, coincé entre Sherlock Holmes (Bob Garcia) et Javert (Eric Halphen). Les flics sont partout, je vous dis, et ils en veulent aux rebelles... (Cliquez sur les images pour les agrandir).

On trouvera des critiques un peu partout, car ça risque de faire un carton. Par exemple une pas terriblement écrite ici, mais qui dit l'essentiel et donne quelques extraits.


mardi 9 mars 2010

Pérégrinations polar en Hongrie et histoire de la femme qui inventa le flamant rose

Du 25 au 28 février dernier, j'ai eu l'honneur et le plaisir d'être invité par l'Institut Français de Budapest avec Jean-Bernard Pouy et Didier Daeninckx. Il s'agissait de parler de polar et de roman noir, littératures, si j'ai bien compris, peu pratiquées localement.
Pouy ("Une brève histoire du roman noir") a donné une conférence historique, érudite et drôle le vendredi soir sur le roman noir, Daeninckx, le samedi a notamment raconté la genèse émouvante de son roman sur Missak Manouchian ("Missak"), célèbre résistant exécuté par les nazis et porté sur l'Affiche Rouge. Quant à moi le samedi matin j'ai animé un atelier d'écriture avec des étudiants de français et des compatriotes expatriés à partir du tableau NightHawks d'Edward Hopper. L'après-midi, deux d'entre eux ont lu leurs textes (excellents) et Jibé et moi nous sommes livrés à notre numéro de duettistes co-écrit et maintenant très au point (on nous le demande souvent) "Les marronniers du noir et du blanc", catalogue des clichés des littératures noires et blanches, devant un public mince, mais en tout cas hilare. Tout cela a été rapporté fort bien dans un magazine culturel de Duna TV que voici que voilà (vous parlez toutes et tous le Hongrois bien sûr ?). (NDA : Bon sang qu'elle est belle, la présentatrice, woaaw).
Surprenante apparition d'un flamant rose...
La visite a Budapest a été l'occasion de prouver que le flamant rose est créateur de lien social, et ce sans aucune frontière.
J'ai en effet rencontré la petite fille de "la femme qui inventa le flamant rose" (et ne crut pas qu'il existait vraiment car en Hongrie les flamants sont blancs) Ilona Bartócz dont je vous laisse découvrir ci-dessous l'histoire étonnante. Cette écrivain hongroise (la couverture de son livre est ci-dessus) était la grand-mère de Flora, libraire chaleureuse qui tient la librairie française de Budapest "Latitudes" où nous nous sommes tous trois livrés à des dédicaces. On y découvrira les vertus bénéfiques du flamant rose -depuis le temps que je me tue à vous le dire ! (Et puis une petite fille d'écrivain hongroise devenue libraire, j'adore !).
Bref, un superbe voyage, des rencontres formidables, une ville somptueuse... Merci l'Institut Français !

samedi 6 mars 2010

Ma web radio, Radio Adamantine, réémet


Désormais, c'est 24/24 et en meilleure qualité sonore... Un point sur Radio Adamantine, quiquoiquandoù, comment et à quoi ça sert ou servira tout ça ici.

mercredi 3 mars 2010

Ecrire un thriller peut vous coûter 2 millions d'euros


Ma compagne, la romancière Lalie Walker, est assignée en procès pour un de ses derniers romans parus aux Editions Parigramme. Alors que c'est un ouvrage de fiction pure et que des précautions avaient été prises, on lui demande deux millions d'euros -une somme hallucinante en la matière. Un record sans doute. Voici ci-dessous le communiqué des Editions Parigramme. On trouvera les réflexions de Lalie Walker, concernant le devenir du métier d'auteure de fiction sur son site.
"Aux malheurs des dames", un polar à deux millions d’euros !
Dans son roman publié en novembre 2009 aux éditions Parigramme, Lalie Walker noue son intrigue au marché Saint-Pierre, temple du tissu au mètre. Menaces, phénomènes étranges, enlèvements et meurtres nourrissent une peur contagieuse dont l’étau ne se relâche qu’avec l’issue finale. Tout est bien sûr fiction dans ce thriller haletant, personnages comme situations ; il n’échappe pas aux lecteurs que la butte Montmartre est ordinairement paisible et heureusement épargnée par les agissements de tueurs psychopathes. Le propre d’un roman est précisément d’inventer des histoires et d’animer des personnages de papier qui n’ont pas d’existence réelle ni même de rapport avec la réalité. Mais les dirigeants du Déballage Dreyfus ne l’entendent pas de cette oreille, qui veulent faire interdire le livre et réclament pas moins de deux millions d’euros de dommages et intérêts. Rendez-vous le 9 avril devant la 17e chambre du tribunal correctionnel.
Aux malheurs des dames… à lire avant qu’il ne soit trop tard !

mardi 2 mars 2010

Communiqué de Didier Daeninckx à propos de "l'affaire Baleine"

On en saura plus , , et . Pour ma part, j'ai tout dit , et .
Les zolies images viennent de .

Le communiqué de Didier Daeninckx :

Bronzer près des Baleines mortes...
A ce jour, 42 romanciers ont signé la pétition « Droit de retrait », suite à la décision des éditions Baleine de mettre à leur catalogue un livre au contenu ouvertement raciste de François Brigneau, un ex-Milicien, fondateur du Front national, condamné à de nombreuses reprises pour antisémitisme. Contrairement à ce que prétend l’éditeur, qui parle de « censure », ces 45 auteurs ont simplement signifié leur prise de distance. Ces écrivains ne font que rappeler l’un des attributs de leur droit moral, rappelant tout ce que le renom de la maison d’édition Baleine doit à leur engagement dans l’aventure d’un personnage libertaire et antifasciste : le Poulpe. Leur silence n’aurait pu être interprété que comme une caution apportée à un ouvrage où, en toute bonne conscience identitaire et ultra-nationale, se bousculent les termes de « bicots », « d’arbis », de « bougnoules », de « sidis », où les « bronzés » parlent en petit nègre.
L’éditeur prétend n’y voir que le charme désuet de l’argot des années 50. Dans la droite ligne de cette publication, ressortira-t-il bientôt de sa bibliothèque des livres du même tonneau où, sous couvert de la pureté du style, se règleront cette fois les comptes avec les « youpins », les « enjuivés », les « niakoués », les « bamboulas », les « bridés », les « fiottes », les « tantouzes » et les « tarlouzes » ?
Dans cette croisade pour la « vraie littérature », celle qui en a, l’éditeur a reçu le soutien bruyant du site négationniste Stormfront. Bruno Gollnish, qui se relève d’une suspension relative à ses propos sur les chambres à gaz, salue son courage.
La mobilisation des auteurs montre qu’il existe encore des forces pour refuser l’indifférence, la banalisation des idées brunes. Ce n’est pas le cas partout, et il suffit de se remettre en mémoire les récentes images des pogroms anti-immigrés de Calabre pour s’en convaincre. Ou de se rappeler ces autres images de vacanciers continuant à se faire bronzer près des cadavres de sans-papiers rejetés par la mer, sur la plage de Torregaveta. Là, sur ce sable surchauffé, les mots bruns avaient déjà fait leur chemin : on ne replie pas sa serviette pour des « bicots », des « arbis », des « sidis »...
Car tout commence par les mots. Au début était le verbe... Et l’on sait que les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde ; ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps l’effet toxique se fait sentir. Le linguiste Victor Klemperer rappelait que « lorsque aux yeux des Juifs orthodoxes, un ustensile de cuisine est devenu cultuellement impur, ils le nettoient en l’enfouissant dans la terre ». Il concluait : « On devrait mettre beaucoup de mots en usage chez les nazis, pour longtemps, et certains pour toujours, dans la fosse commune ».
Certains font profession de les déterrer.
Qu’ils ne comptent pas sur nous pour aller bronzer près des Baleines mortes.
Didier Daeninckx
Liste des signataires de la pétition « Baleine brune : droit de retrait » (au 2 mars 2010) :
Didier Daeninckx, Patrick Raynal, Roger Martin, Sylvie Rouch, Lionel Makowski, Gérard Streiff, Maud Tabachnik, Chantal Montellier, Gilles Vidal, Sébastien Doubinsky, Romain Slocombe, Sophie Kepes, Nila Kazar, Francis Mizio, Hervé Le Tellier, Robert Deleuse, Mouloud Akkouche, Roger Facon, Claude Mesplède, Thierry Crifo, François Braud, Pierre Cherruau, Lalie Walker, Noël Simsolo, Catherine Fradier, Martin Winckler, Xavier Mauméjean, Olivier Thiébaut, François Joly, Johan Heliot. Guillaume Cherel, Stéphanie Benson, Jean-Christophe Pinpin, Antoine Blocier, Alain Bellet, Renata Ada, Jocelyne Sauvard, Grégoire Forbin, Jean-Jacques Reboux, Jacques Albina, Jacques Puisais, Michel Boujut.