mercredi 6 octobre 2010

Lettre ouverte au service des droits d'auteur des éditions J'ai Lu

Je viens de leur envoyer ceci.

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Bonjour Mme XXXXX,

J'ai reçu en double exemplaire un courrier de vos services daté du 24 septembre dernier m'annonçant que j'avais des droits à toucher sur un recueil de nouvelles, chez Librio, titré "Un quart d'heure pas plus" et je vous en remercie vivement.

Les relevés de droits ne parvenant aux auteurs que de façon aussi aléatoire qu'improbable, je tiens toujours à saluer les maisons d'édition qui respectent les contrats qu'elles ont signé, surtout si jadis elles ne brillaient pas par leur constance dans cette procédure, loin s'en faut.

Je suis très heureux de cette nouvelle, quoique je ne comprenne pas vraiment les nombreux justificatifs qui ne me permettent pas de déterminer exactement si je suis créditeur de 174,79 € ou de 0€.

Etant donné que ce livre est retiré de la circulation depuis quatre ou cinq années (j'ai acheté les derniers exemplaires avec une réduction pour soutenir la maison J'ai Lu qui n'avait même plus les moyens de me les offrir), je soupçonne toutefois n'être hélas créditeur que de zéro euros.

Cela étant, puisque le livre valait 10 francs à l'époque (1,52 euros) et que mon pourcentage devait être de 5% brut par exemplaire (soit 0,076 €, sauf erreur -c'est que je suis surtout un littéraire) si vous me devez 174,79 euros, cela signifie que vous avez vendus 2293 non-exemplaires, ce qui est un chiffre flatteur car je crois que le tirage initial de 30 000 vrais exemplaires avait été quasiment épuisé à l'époque.

Concernant le RIB demandé, sauf avis contraire de votre part, je pense donc qu'il est inutile que je vous l'envoie car le virement de 0€ risque de vous coûter davantage de frais dans une comptabilité sans doute déjà grevée par bien des charges de paperasseries inutiles.

Soucieux des difficultés que rencontre le monde de l'édition qui me paraît un peu dépassé par son époque et peut-être finalement très empêtré de n'être soumis à aucun organisme de contrôle permettant aux auteurs de vérifier l'exactitude et la tenue des comptes, j'ai décidé de faire don, par soutien, de mon gain de zéro euros. Je vous remercierai donc de le virer de ma part au SNE et de leur demander de m'adresser un reçu pour que je puisse le déduire de mes revenus en déclin.

Je suis en effet convaincu qu'auteurs et éditeurs, interdépendants, devons nous serrer les coudes plus que jamais. Etant en voie de disparition moi-même, je ne le souhaiterai vraiment à personne, car cela crée de désagréables démangeaisons.

En vous remerciant de votre compréhension, je vous assure de toute ma solidarité dans la tâche que vous devez exercer au sein de votre entreprise, car, oui, vraiment, on n'est pas aidés.

Francis Mizio