dimanche 23 août 2009

Rencontre à "La Comballaz" (Suisse), jeudi 27 août

... à propos d'un livre qui m'aura déjà rapporté -contre toute attente- des émissions de radio (en Suisse, et sur France Inter) et une sympathie que je n'aurais pas imaginée, compte tenu du sujet : le livre à lire aux toilettes.... ! C'est organisé par "Lettre vivantes, d'ici ou d'ailleurs" (pour voir où c'est...) et mon ouvrage impérissable sera donc prétexte à "coterger".
(cliquez sur l'invitation pour l'agrandir).

[Grande cause verbe "Bouiner"] Une contribution d'Arno


(Voir le message précédent sur la grande cause consistant à promouvoir le verbe "bouiner"). Arno apporte sa pierre ci-dessous avec laquelle je ne suis pas forcément d'accord (Arno quest-ce que tu bouines ?). Il me semble en effet n'avoir jamais entendu "bouiner" chez les germanopratins... mais je les fréquente si peu, faut dire... (A suivre... A noter que j'ai ouvert un groupe Friendfeed pour débattre de cette grande cause nationale)

À propos de "bouiner", lu sur ton blog (j'avais dû rater la discussion sur la listamizio), je te signale que c'est un mot extrêmement utilisé en Basse-Normandie (dans l'Orne, surtout), et que ma douce et moi-même l'employons couramment (nan, mais vraiment. Et depuis tous petits, évidemment). Comme "clenche" (pour "poignée de porte"), bouiner est d'origine normando-picarde, ce qui ne l'empêche pas d'être revendiqué par les frontaliers : Ch'tis au nord, Mayennais au sud. Mais ce mot s'est aussi répandu à Paris. Par les Normands ou Picards montés à la capitale, bien sûr, mais aussi (et surtout) parce qu'il est extrêmement utilisé dans le Perche, formidable réserve naturelle où s'ébrouent les résidents secondaires parisiens le week-end. C'est là que ces derniers l'ont découvert (avec la stupeur qu'on imagine) avant de le ramener dans leurs bagages. Bref, "bouiner" est totalement has-been, car déjà entendu mille fois dans les coquetèles et les vernissages du 5e arrondissement. Je te conseillerais d'adopter plutôt "vésillant" (= en forme, qui a la pêche. Ex : "Oh bin mon pauv' vieux, t'es tout pâle, t'as pas l'air bin vésillant..."), ou bien "rétu" (même sens que "vésillant"), ou encore "blin" (bélier, par extension abruti : "Francis Lalanne, c'est vraiment un blin"). Il y a aussi "brodé" (sale, taché) et "ourdé" (même sens, mais également "ivre mort" : "Machin est allé au bar, il est rentré ourdé" = il est rentré dégueulasse, car il s'est cassé la figure dans les chemins boueux). Et mon préféré, "galvauder" (se promener, errer dans la campagne, partir sans que les autres sachent où l'on se trouve. Exemple : "Il est où, Machin ? — Aucune idée, il est encore à galvauder. Tu paries qu'il va rentrer ourdé ?" Pour finir sur "bouiner", il existe une vieille expression synonyme, entendue dans l'Orne elle aussi : "amuser le temps". Se dit de quelqu'un qui bouine, donc. Un enfant qui ne sait pas quoi faire et qui bricole des petits machins pour tromper l'ennui, ou bien un employé de bureau qui confectionne des sculptures en vieux trombones dépliés sont des gens qui amusent le temps. Voilà, c'était la minute normando-picarde... A+ Arno

lundi 10 août 2009

[Grande cause] Participez à la diffusion nationale du verbe "bouiner"


C'est de saison, sinon d'époque : je propose une nouvelle grande cause nationale que, je l'espère, vous relaierez avec enthousiasme et frénésie : celle de la diffusion nationale et massive du verbe "bouiner". Il faut qu'en 2010 ce verbe soit à la mode, et dans toutes les bouches.

Un peu d'histoire
Il y a environ un peu plus de deux ans, sauf erreur, la conjonction d'hormones et d'influx nerveux, de protéïnes et autres molécules étranges errant dans mon cerveau malade m'a subitement -et sans que je ne sache pourquoi- remémoré dans une gerbe d'étincelles multicolores une expression qu'une collègue de travail picarde employait sans cesse, il y a déjà bien 25 ans : "Qu'est-ce que tu bouines mafieu ?" (soit à peu près : "Mais que fais-tu, mon vieux ?"). Ce fut ma grande découverte avec l'extraordinaire verbe "bouiner", qu'alors j'ignorais.
Après cette épiphanie qui vit le verbe bouiner envahir tout l'espace de mon esprit, je tentais donc d'en savoir plus : recherche sur le web, interrogations auprès des lecteurs abonnés à la [listamizio] (la liste de discussion "open bar" occupée par certains depuis les quatre coins du monde 24/24 depuis plus d'une dizaine d'années (le plus long bavardage du monde, c'est là), questionnement auprès de mon entourage... Il s'est avéré que tous peu ou prou connaissaient l'expression (en lui attribuant des variations de sens), mais ne l'employaient jamais ou très rarement. Ce qui est formidable, c'est que les Ch'tis disent que c'est d'origine ch'ti, les Vendéens d'origine vendéenne, les Sarthois, etc. En fait, tout le monde, par chauvinisme, s'approprie ce mot...
Par tâtonnements, recoupements, pratique et expérience, je finis par comprendre que bouiner pouvait ressentir grosso modo trois sens:
1- S'occuper, gesticuler petitement pour des tâches sans grandes importance ni conséquences... Presque glander improductivement.
2- S'occuper, dans son coin, à "ses petites choses" importantes pour soi, avec un sens un peu cocon, un peu jardin secret.
3- S'adonner à des occupations doucettement interlopes, pas toujours claires... Dans le sens de petite magouilles lamentables.

Prémisses de la grande cause
Toujours il y a deux ans toujours, j'ai décidé -par simple amusement- de l'employer communément afin de voir si ce verbe en désuétude "prendrait". J'en ai parlé à mon entourage, je l'ai employé à tout va... J'ai même, un soir d'apéro et d'euphorie, avec l'aide de l'ami Bruno guitariste et utilisateur émérite de Garage Band composé en dix minutes un remarquable et inoubliable chant de "Bouinik Music" ("Kestubouine" par "Ze Bouinzz," album "Ze Bouinzz revolutionzz" en > à écouter ici, télécharger et répandre). Je me suis imposé aussi de le placer dans les textes que ces deux dernières années j'ai publié (romans, nouvelles...) à tout hasard.
Force est de constater qu'au moins autour de moi, le verbe bouiner ainsi que ses néologismes dérivés tôt apparus (le bouinage, la bouinerie, la bouination), ont pris au-delà de mes espérances et preuve en est que c'est un mot que j'entends désormais régulièrement... Et de fait, objectivement, ce mot a un potentiel ++ si on vise un marché de CSP sur focus clientèle ciblée à l'horizon 2012 en trend benchmark.
Ma petite cause personnelle n'allait pas plus loin que cela. J'étais content de moi et point barre...
Sauf que, voici que ça me redémange car hier l'ami Christian Dufour, écrivain, m'a envoyé une trouvaille, que voilà... (ça vient de là, "La Langue de Rabelais et le parler du sud de la Touraine et du Loudunais" par Jean-Claude Raymond) :

Bouine : mouche bouine qui se met surtout sur les bœufs et les chevaux. [1] signale des sens approchant pour bouiner et bousiner. [2] est très précis bouine = l'hypoderme du bœuf (diptère) ou hippobosque du cheval qu'on appelle souvent mouche à vers. jcr-p et gpp utilisaient l'expression mouche bousine [2] pour désigner les grosses mouches à vers bruyantes et actives. Mouche bousine est une expression très imagée car le bousin est un tapage, la bousine est une cornemuse, bousiner, outre jouer de la cornemuse, est [2] aller et venir sans cesse en s'occupant à des choses peu importantes ou encore exécuter des travaux avec des mauvais outils. Note : jcr se plaît à croire que le mot anglais busy aurait une parenté avec notre ancien parler et s'imagine très bien les business men piquant ça et là frénétiquement et futilement tels des mouches bousines de nos grands-pères. Il ne doute pas que la Mouche du coche de La Fontaine fût bousine. Notre modernité n'est-elle pas encombrée du bousin des médias, des gesticulations de bousineurs en tous genres ?
[1] — Le Vieux parler tourangeau par Maurice Davau, C.L.D. Normand et Cie.
[2] — Vieux parlers de la Vienne par R. Mineau & L. Racinoux, librairie ancienne Le Bouquiniste, 102 Grand-Rue, 86000-Poitiers — France.


Il est temps de bouiner universel
Puisque que l'on sait désormais que le bouinage est aussi du bousin... que le verbe bouiner élargit sa palette de sens jusqu'à être furieusement vain... Il a tout pour devenir un mot à la mode capable de polysémie... avec malice.

Je propose donc de passer en niveau deux... à savoir que nous nous y mettions toutes et tous pour diffuser à tour de clavier, de langue et de bras le verbe bouiner. Objectif 2010 : il faut qu'il se répande, se diffuse, soit dans toutes les bouches.
Bouiner
est adapté à l'époque : soit on bouine des trucs pas clairs pour s'en sortir, soit les escrocs ou les banquiers bouinent dans leurs coin, soit on aspire qu'à bouiner au soleil avec un cocktail à la main, dégoûté du monde, soit on bouine sur le web, les réseaux sociaux ou en paramétrant inlassablement son Iphone... Bouinons camarades et camarades (1) ! Il faut que bouiner se retrouve un jour en gros titre d'un journal, prononcé par un crétin de la tévé... On s'y retrouve toutes et tous ! Mieux : selon l'emploi, le contexte ou la prononciation du verbe bouiner, chacun saura bien ce qu'il en est du sens du message... (2)

Objectif ultime : qu'on l'entende dans une allocution de Président Sarkozy.

Je vous fais confiance : ensemble, demain pour le futur
ensemble du changement, nous pouvons y arriver !
La grande cause nationale est la diffusion du verbe BOUINER.
A vous de jouer !

BOUINONS, BOUINEZ, FAITES BOUINER !


(1) Je respecte la parité, là, mais désolé, je ne pouvais écrire "camarade(e)s".
(2) Car quand on voit ce qu'on voit, qu'on lit ce qu'on lit, qu'on entend ce qu'on entend, on a raison de penser ce qu'on pense ! Nous bouinerons, mais pas comme eux bouinent. A travers l'emploi de ce verbe, ce n'est ni plus ni moins qu'un millénium de paix, bonheur et solidarité que je vous propose, de nouvelles solidarités, du lien social en bobines comme celles de l'EDF, une réappropriation du sens et du logos...

NB :
> Toute apparition publique du verbe bouiner sera recensée ici, autant que possible (>
m'écrire).
> Vous trouverez les charmants accessoires de bouinage sens n°1 ici photographiés à cet endroit.