samedi 4 juillet 2009

Des nouvelles de votre grand écrivain préféré

• L'intervention que j'ai faite à la BNF le 1er avril dernier autour du Marquis de Camarasa, auteur des "Causeries Brouettiques" était extraite d'un long article qui paraît en 2 parties dans les "Cahiers de l'Institut", de l'Institut international de recherche et d'exploration sur les fous littéraires. Le numéro 3 des cahiers vient de paraître, et donc la première partie de mon "étude". A lire si vous voulez découvrir un authentique excentrique obsédé par la brouette (en couverture des Cahiers, ici, jeune).
• Le texte du petit happening (les "marronniers de la littérature") que Jibé Pouy et moi avons donné au MOTif dernièrement est disponible ici sur le site Noir Comme Polar.
• Un gros éditeur me prend deux "beaux livres" humoristiques ! Formidable ! Le contrat est d'ailleurs "parti ce matin", mais depuis plus d'un mois... Je serre les mâchoires, et non, je ne doute pas. Les contrats, ça va en général plus vite que les chèques... Alors imaginez quand je vais remplir mon réfrigérateur car le chèque, c'est bien après le contrat, hein.
• Un éditeur important que j'ai réussi, par piston (ben oui), à contacter veut bien d'un nouveau roman humoristique de moâââ ! Woaaaw, la chance !, me direz-vous.
Mon roman définitif et volumineux, mon grand oeuvre burlesque très écrit sur la tribu Macroqa, caricature de nous mêmes, enfin en librairie ? Ben non !
1- Il n'est pas écrit et j'ai décidé que finalement je ne l'écrirai pas (malgré l'envie) car je n'ai aucune garantie qu'il ne sera pas flingué (= invisible en librairie) comme les autres dès sa sortie (et encore si on me le publie d'ici là). Ça va, on m'a fait le coup je ne sais combien de fois.
2- Je ne l'écrirai donc pas car si on me le prend, il serait publié genre fin 2011 (ça ne va pas très bien dans l'édition, ils ralentissent tout ; les gens en poste volent comme les feuilles mortes sous une tempête), ce qui signifie que je n'ai aucune garantie, car, en 2011, au train actuel où vont les choses, tout le paysage aura encore changé. Et c'est pourtant un éditeur solide et tentant... Alors, oui, tant pis pour mon envie pressante : je suis très occupé à trouver de l'argent, c'est chose prioritaire. Tant pis même si je n'écris plus de romans : à vrai dire le monde ne semble pas s'écrouler pour autant lorsque je n'écris pas. Tant pis pour tout ça : je ne peux pas, pour cause de recherches urgentes de protéînes et de quoi me loger et rester propre, consacrer du temps à une entreprise hasardeuse et vaine. Compte tenu que je n'ai pas une oeuvre nécessaire à l'humanité à communiquer coûte que coûte, que la vie d'artiste maudit et affamé au seul nom de la littérature ne me tente plus que moyennement..., ben on se passera de ma prose résistible. Je tente un autre truc actuellement (en sus de l'audiovisuel... où je rame en vain) : le théâtre (dans le genre énervé grave de chez grave, pas drôle), pour me reconvertir et si ça non plus ça ne marche pas (je le saurai d'ici un an, à suivre...) : exit. Je me serai amusé, fait plaisir à l'égo... C'est du passé et je ne veux tomber ni dans l'aigreur ni la nostalgie. Sortir un livre qui ne vit pas, ne se vend pas, pleurer pour être payé s'il se vend, j'en ai soupé. Vous rêvez d'être écrivain ? Hé ben un conseil : essayez la clarinette plutôt, ou le surf, la cuisine ayurvédique,... enfin, j'en sais rien : bref un truc différent. Mais le bouquin c'est fini, cela ne génère que de la frustration à moins d'avoir un entregent d'enfer, ou d'être prof, retraité ou rentier (on a du temps, des sous).
• Les souscriptions pour Météomanias, tentative d'auto-édition (pour des raisons telles ci-dessus, et/ou d'absence d'éditeur sur mon projet) et d'expérience collective sont encore et toujours... un échec (et le mécénat pressenti ne répond même pas). Si vous connaissez un imprimeur numérique qui ne m'assassine financièrement pas pour un bouquin de 96 pages, ça m'intéresse. Sinon, je sens que je vais sortir le premier "beau livre numérique humoristique et pataphysique", format 60x60 à lire sur un écran de téléphone 6x6. Hahahaha ! (Mais c'est mal barré tout ça...).
Sur ces dix derniers mois, la totalité de mes revenus me donne en moyenne un montant mensuel inférieur au seuil de pauvreté (Calculez, méditez). Et pourtant je n'ai pas cessé de pisser des projets par dizaine (même la cahier des charges pour une application Iphone dont j'ai eu l'idée...). Bref, avant d'avoir totalement dilapidé l'argent qu'on m'a prêté et qui me permet actuellement de tenir, je vais faire des ateliers d'écriture, donner des formations, reprendre des boulots... (> Proposez, proposez !). N'importe quoi où je puisse entrer dans les cases sans trop de douleur (mais plus jamais l'administration !) et me servir de mes multiples expériences foutraques.
Pour un écrivain mineur comme moi (et surtout qui tient à écrire seulement ce qu'il a envie d'écrire et de revendiquer, -car du boulot y'en a ma bonne dame, sauf qu'il est à la con) quand ni les livres, ni l'audiovisuel ne marchent, on avouera qu'il serait raisonnablement temps de se résoudre à jeter (pour ma part, une seconde fois) l'éponge et de cesser de constater qu'on nous prend toujours plus pour des esclaves producteurs d'idées... qui ont cette désagréable manie de vouloir de l'argent en échange de leur travail (Remarquons en passant que pour des textes gratos, du bénévolat et tout ça, là, je ne manque pas de demandes).
Voilà : c'était "bilan et perspectives"...
Quoiqu'il en soit : bonnes vacances à toutes et tous (Profitez, hein, jurez-le moi !).
(Je m'occuperai des plantes et du chat, ne vous inquiétez pas :-))
Francis.