dimanche 26 avril 2009

Enfin un emploi pertinent du numérique en danse contemporaine


Body Navigation by Recoil Performance Group from ole kristensen on Vimeo.

On parle de moâ

Ma nouvelle "Arrêtez d'arrêter" sur le tabac parue au Editions de l'atelier In8 avait déjà été sélectionnée pour le Sarkothon du Bibliobs : la voici de nouveau remise à l'honneur à propos de la polémique tabac de Tati et de Coco Chanel. Clopez, il en restera toujours quelque chose (et pas qu'une tumeur !).
Quant à mon roman "La Santé par les plantes" paru à La Loupiote, réédité chez Gallimard il y a dix ans et dont je viens enfin d'avoir une longue réponse détaillée et exaspérée à mes gesticulations discourtoises effectuées pour connaître mes ventes réalisées depuis le siècle dernier (*), il vient d'avoir deux beaux billets roboratifs sur le Web : sur le blog de Lennie Greyhound avec une bien belle photo et sur Polar Blog avec une vieille photo, cette fois de moi et qui fait peur. Ca fait plaisir (ça fait donc trois billets sur ce livre en un mois ! Etrange !), mais il est introuvable depuis 2 ans et retiré de la vente officiellement depuis le début de l'année. Pffff !
Enfin, on écrit des blogs pour se défouler, et voilà qu'on se fait repérer sur un blog observatoire du monde du travail. Ca aussi, ça fait plaisir et encourage de continuer à raconter sa vie, finalement.

Allez, la crise sera de rire : j'ai dit.

(*) réponse de Gallimard, ça y est, si j'ai bien compris les relevés (qui s'arrêtent à juin 2004 ; c'est con, on est en 2009) et les 4 pages d'explications horripilées contenant des chiffres complémentaires à l'arrache et à additionner (et qui répondent parfois à côté ou affirment des faits inexacts, mais passons) : 5 105 exemplaires.
Ils disent ne pas comprendre de quoi je parle page 3 de leur lettre quand j'évoque un "retirage de 1500" dont ils ne trouvent pas trace, mais ils me disent pourtant bien qu'il y en a eu un en novembre 2000 de 1500 après un premier tirage de 6000 (bref,... où sont les 2500, désormais, manquants ? Dans les 5 relevés qu'on ne m'envoie pas ? J'arrête de poser des questions car ça devient toujours plus abyssal ou absurde quand on me précise les choses). En effet, ils en vendent 5105 mais considèrent que je suis encore redevable de 3044 euros... soit en gros 21 000 F... sur un a-valoir qui fut alors de 30 000 F. Si j'étais buté et obstiné, je dirai que c'est N'IMPORTE QUOI. Je laisse pisser. Je n'ai pas les moyens de leur mettre un avocat pour ce que j'aurais à récupérer...

vendredi 24 avril 2009

[Tambouille & boutique] Google vous a-t-il numérisé ? Auteurs, vous avez jusqu'au 5 mai...

Google a numérisé déjà, je crois, 7 millions de livres. La SOFIA, la SGDL, le SNE écrivent aux auteurs pour regarder s’ils sont dans la base et revendiquer les droits sur leurs livres pour l’exploitation sous copyright américain.
Deux solutions, en très gros : soit vous revendiquez les droits (et toucherez 63% des ventes numériques de Google, sinon Google les gardera) soit vous demandez à être retirés de ca et conservez vos droits, et Google n’exploitera ni vos “hors-textes”, ni vos livres dans le futur.
Je découvre, alors que je ne m’y attendais pas, que je suis concerné pour 24 ouvrages !
Il reste jusqu’au 5 mai pour revendiquer ou non.
Franchement, ca vaut le coup de perdre un peu de temps et d’aller voir... Bien sûr, c’est un peu fastidieux...
http://www.googlebooksettlement.com
C’est en français.
Il y a des infos aussi sur les sites SOFIA, SGDL et SNE si vous avez besoin, pour comprendre l’enjeu.... (c’est un peu compliqué, les accords passés au niveau mondial de Google, les histoires de procès, etc.)
PS : le courrier de la SOFIA j’ai mis 15 jours à me résoudre à me plonger dedans en me disant "rien à battre". Je parie que 90% des auteurs ou éditeurs vont faire de même : laisser pisser... Hé ben, fallait pas...
Faudra pas pleurer si dans quelque temps on vend du numérique sur votre dos sans que vous ne touchiez un rond...

mardi 21 avril 2009

(egotrip) Mon portrait par Jean-Hugues Oppel

Lors de la soirée de "La Noiraude" à Pordic (voir messages précédents), l'écrivain Jean-Hugues Oppel a fait mon portrait, qui m'a réjoui. Bourré de délires, de contraintes, de références et d'allusions plus ou moins cryptées à maviemonoeuvre. Sympa...

J’aime beaucoup ce que fait Francis Mizio depuis que celui-ci m’a sauvé la vie sur les plages du Débarquement. Nous étions recroquevillés dans notre barge, cinglant vers Omaha Beach, quand Francis déclara soudain en me regardant droit dans les yeux: “Je veux être Donald ou rien !”. Sur le moment et compte tenu des circonstances, je pensais qu’il rêvait d’une bouée-canard pour doubler l’efficacité de son gilet de sauvetage; Francis me détrompa aussitôt en m’avouant sa volonté de devenir écrivain et sa passion pour Donald Westlake, un romancier américain protéiforme (qui vient hélas de nous quitter brutalement à la dernière Saint-Sylvestre) bâtissant entre autre une œuvre impressionnante dans le domaine du roman policier humoristique - un feu nourri venant des bunkers du Mur de l’Atlantique rendait la conversation difficile, aussi nous débarquâmes sans vraiment prêter attention à ce qui se passait autour de nous, Francis tout à ses explications entre deux rafales de mitrailleuse lourde et moi de l’écouter sans perdre le fil régulièrement interrompu par les explosions d’obus de mortiers. Nous traversâmes de ce fait la plage l’esprit ailleurs, et j’ose le répéter: ainsi Francis Mizio me sauva la vie. Par inadvertance, certes, mais quand même. Nous nous sommes ensuite perdus de vue dans le bocage normand...
Ce fut pour mieux nous retrouver dans les brumes vendéennes et la glèbe betteravière du pays briard. Francis Mizio avait tenu parole et il était devenu l’un des meilleurs, pour ne pas dire LE meilleur des auteurs de polars comiques, à l’instar de Donald Westlake, son maître, son mentor, son Dieu (encore vivant à l’époque). Je peux en témoigner ici sans crainte, ayant partagé en sa compagnie l’excellent recueil “5”, où Francis nous conte les affres de malfrats en peine de conversion à l’euro avec l’art de filer la métaphore qui est le sien. Qu’il s’aventure dans le quart d’heure de célébrité wharolien, l’enfer des zones pavillonnaires clonées à l’infini, l’écologie phytopolardeuse, les arcanes de l’informatique hermétiques aux seniors, l’envers des mystères insondables du cosmos, l’observation des primates sur le mode plombino-lévistraussienne, l’éternelle problématique d’épouser ou non la fille du chef, et j’en passe, Francis Mizio peut s’enorgueillir d’être le seul auteur que j’ai arrêté de lire dans le train; pis que les accros du portables qui se croient obligés de vous balancer leur intimité est le lecteur qui se bidonne tout seul dans le wagon sans pouvoir partager son hilarité avec ses compagnons de voyage.
Je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps. Je voulais depuis des siècles raconter comment cet excellent camarade m’avait sauvé la vie. J’attendais l’occasion d’une préface destinée à un nouvel opus quand Francis arrêta d’écrire pour s’enfoncer dans une parenthèse dépressive aussi personnelle qu’administrative. Aujourd’hui, il nous revient et justice m’est enfin rendue... Alors, ne serait-ce que pour avoir écrit, après une chute d’explorateur dans l’après-midi du 18 février (et la légitime perte de connaissance qui en résulta), la suite des notes d’icelui datées grâce à la science naturelle de ses hôtes bons sauvages salvateurs de la mi-avril (environ), du début juin, de la mi-juin, et enfin de juillet qui commence par ces mots: “En fait nous sommes le 10 novembre et les Macroqa ont tout faux dans leur méthode de calcul des dates”, renvoyant le politiquement correct ethnologique à la jungle qu’il n’aurait jamais dû quitter, l’homme qui est devant vous mérite tout notre respect. Je vous prie d’excuser la longueur de cette dernière phrase, mais voilà pourquoi j’aime beaucoup ce que fait Francis Mizio.

dimanche 19 avril 2009

Vous auriez dû venir samedi 18 avril à Pordic...

Hier soir, c'était la bière littéraire pour les dix ans de la "Noiraude", fonds de nouvelles de la médiathèque de pordic. Entre autres exercices entre auteurs qui animaient la soirée, nous devions faire le portrait d'un autre écrivain présent... J'y ai lu le portrait, ci-dessous, de Jean-Bernard Pouy...

POUY N'A PAS QU'UN STYLE DE FIGURE, C'EST AUSSI UNE FIGURE DE STYLE
J’aime beaucoup ce que fait Pouy. Mais ce n’est pas forcément son style, son humour, ses intrigues qui me plaisent tant. C’est, au-delà de son infinie passion pour le livre et la grande littérature, sa discrète, mais bien vive créativité oulipienne dans l’infra texte qui me séduit –même si je ne distingue pas toujours tout. Il joue de la rhétorique, des figures de style, des jeux de mots et des effets de mise en abîme, choses que j’adore, aussi je l’admire.
Par ailleurs, Maître Pouy, vous employez souvent par malice et par goût des mots immarcescibles, cauteleux, et même carminatifs ; des mots que vous contraignez pour d’improbables projets cryptolittéraires, connus de vous seul. J’aime beaucoup vos mots.
C’est pourquoi, Pouy, vous êtes pour moi et par ordre alphabétique :
- Vous êtes un adynaton. Vous avez un QI de 12 000 et travaillez comme 54, écrivez deux livres par jour tout allant chercher les gosses à l’école.
- Vous une allégorie une sorte de déesse lyrique et décoiffée de la littérature populaire luttant armée d’un vulgaire Bic quatre couleurs contre les plumes d’oies acérées de l’aristocratie littéraire germanopratine,
- Vous êtes une allitération et j’aime quand serpent vous sifflez, soudain sur ses sales salons scribouillards sans sens ni scrupules.
- Vous êtes parfois un amphigouri. Lorsque par exemple vous ne voulez pas intervenir dans une histoire qui ne vous plaît du contraire de votre opinion, et de l’intervention que vous refuser par avis radical en contre qui ne vous concerne pas. Mais alors, clairement…
Vous êtes une amplification. Camarade, copain, frère…. Un père pour nous.
- Vous êtes un anagramme. Quelque soit le côté dont on vous examine, on y trouve le bon sens ?
- Vous êtes une anacoluthe, cette rupture de construction. Quand vous expliquez que la lumière du frigo s’éteint la porte fermée… en fait jamais nous ne le saurons.
- Vous êtes une analogie. C’est votre aspect de liste de figures de style.
- Vous êtes une analepse. En effet, souvent vous faites des retours sur des événements antérieurs au moment de la narration… Mais auparavant je dois vous dire que vous êtes une anaphore vivante car vous êtes écrivain populaire, écrivain de radio, écrivain de cinéma, écrivain en tout domaine…. Ecrivain multicasquette vous êtes. Et multicasquette, c’est ébouriffant au moins, décoiffant au mieux.
- Vous êtes une anastrophe. Et parfois d’admiration, me ravissent vos trouvailles.
- Vous êtes une antanaclase car votre enthousiasme parfois a ses raisons que la raison ne connaît point.
- Vous êtes une antépiphore… car vous êtes un prolepse, vous êtes une hypobole, vous êtes une antimétabole, vous êtes une antimétalepse
- Vous êtes une antiphrase quand parfois on s’exclame : « Ce Pouy, quel modèle d’élégance vestimentaire ! »
- Vous êtes une antithèse. Etre un écrivain populaire, c’est votre côté marginal et maudit.
- Vous êtes une antonomase, et pourtant n’êtes ni un Harpagon, ni un Babbit, ni un… Don Juan ? Peut-être dira-t-on un jour de quelqu’un. Oh ! Celui-là… C’est un Pouy. Et les visages alors deviendront graves.
- Vous êtes une apagogie. Car vos raisonnements absurdes me semblent en effet souvent justes.
- Vous êtes une aposiopèse quand en plein milieu d’un débat de haute volée, soudain, vous nous télescopez d’une phrase à l’autre la métaphysique quantique avec la patate, le train et le vélo.
- O Jibé ! O Pouy ! O apostrophe que vous êtes !
- Vous êtes une assonance qui élève souvent ce rêve étrange et pénétrant que Spinoza engueule Hegel, ou pire: qu’il l’enc…
- Vous êtes une asyndète quand d’un train l’autre, traversez la France en tous, des pages et des pages noircies, lectures sans fin, prosélyte, témoin.
- Vous êtes un pur barbarisme. Il est temps qu’à ce sujet vous recouvriez la vue.
- Vous êtes une catachrèse, c’est votre côté métaphore lexicalisée ; ce qui fait de vous un pilier du livre.
- Vous êtes un chiasme, car vous croisez souvent vos termes, comme vos bras ou vos jambes quand des discussions sont obscurcies par l’ennui… Ou en ce moment, même…
- Vous êtes une circolution. Vous parlez bien quand vous avez quelque chose à dire. Non pas que vous arrivez précisément à dire ce que vous voulez dire. Malgré vous, vous dites tout autre chose. Mais cela vous le dites bien.
- Vous êtes une chute. C’est surprenant.
- Vous êtes une comparaison. Disons… un portrait de la réflexion qui se nourrit et se meut dans et à partir de son environnement… Bref semblable une méduse luminescente qui se gonflent et se replie en avançant dans des courants parfois obscurs.
- Vous êtes une crase, oui, msieur Pouy
- Vous êtes une diaphore. Vous avez des idées dont on n’a pas idée.
- Vous êtes une disjonction, dans votre carrière d’auteur, longue, prolixe, curieuse, inventive.
- Vous êtes une ellipse ; voici pourquoi vous êtes ici.
- Vous êtes une évidence : C’est certain, facile à comprendre et ne laisse aucun doute à l’esprit.
- Oyez ! Oyez ! Comme Pouy est un exorde !
- Vous êtes une gémination. Oui, mon Pouy, mon Pouypouy , mon Jibé, mon Jiijibébé !
- Vous êtes une gradation, toujours plus créatif, inventif, visionnaire, prophétique !
- Vous êtes une homélie. Quand vous comparez pour la millième fois le noir au blanc par exemple, drapé dans la noire dignité de la conscience opposée à l’hypocrite blancheur d’une certaine littérature.
- Vous êtes une emphase et plus ça va plus cette idée se renforce.
- Vous êtes une énallage. Une énallage est une figure qui consiste à employer une forme autre que celle qu’on attendait. Il peut s’agir d’un échange de pronom personnel, de mode, de temps ou d’un genre à la faveur d’un autre. Par exemple, on vous invite en temps qu’intello, et c’est un rockeur prolo en bleu de chauffe qui déboule.
- Vous êtes un euphémisme et je serai un tout petit peu barbouillé de vous perdre.
- Vous êtes une hendiadys. Par réthorique et par goût.
- Vous êtes une hypallage et j’aime dans votre regard l’ironique lumière, comme votre écriture vengeresse
- Vous êtes une hyperbate. Tout le long de vos livres, buvons nous vos idées. C’est hyper bat.
- Vous êtes une hyperbole quand vous me faites mourir de rire
- Vous êtes une hypotypose. Faut vous voir convaincre votre nouvelle proie, en général un type pété de thunes qui aime le livre, et comment vous allez arriver à lui soutirer de quoi créer une nouvelle collection ! Au départ vous approchez, parlez littérature incidemment, pis une fois que vous avez calculé combien vous alliez lui soutirer d’argent pour l’impression de combien de nouveaux bouquins… Hop, ferré, cuit ! Le type se retrouve avec des ennuis de comptabilité et des contentieux libraires sans l’avoir vu venir !
- Vous êtes un idiotisme. Vous qui racontez toujours cette histoire de traducteur qui a fait d’un bar topless, un établissement à ciel ouvert.
- Vous êtes une injonction. Et je vous interdis de me contredire.
Vous êtes une inversion. Oui, une inversion que vous êtes…
Vous êtes une ironie, forcément c’est votre côté antiphrase, hyperbolique ou encore emphatique. Tout le monde ici, avait fait le lien ? Non ?
- Vous êtes un isolexisme. Vous vivez votre vie.
- Vous êtes une jocrissade. Vous n’avez pas d’ennemis, ce qui vous permet d’être en paix avec eux.
- Vous êtes une litote puisque vous n’êtes pas une tête de linotte.
- Vous êtes une métaphore. Mieux ! Une métaphore filée. A ce point d’ailleurs que votre goût des figures de style et des mots imbitables donnerait d’ailleurs l’envie de vous torturer avec une liste de celles-ci.
- Vous êtes une métonymie tant vous buvez les livres.
- Malgré toutes vos qualités, on l’a vu, souvent féminines, vous êtes un oxymore, un oxymoron. Sans doute votre surprenant côté macho pétasse.
- Vous êtes un parataxe. Oh ! Rien à voir avec les impôts ; votre richesse n’est pas financière.
- Vous êtes un parallélisme. Vous écrivez pour lire, lisez pour écrivez.
- Puis je me permettre s’il vous plait de vous prier d’accepter de bien vouloir que je vous trouve aussi être une périssologie ?
- Savez vous êtes aussi une paronomase ? Satané Pouy, sacré bandit !
- Mais vous êtes toutefois la personnification même de l’auteur français de romans noirs, celui qui arpente salons et festival, qui doit subir des soirées et des discours interminables. Si ce n’est des portraits de lui dont il se passerait bien.
- Vous êtes un pléonasme, Pouy. C’est à vous, en face de moi que je m’adresse en vous parlant.
- Malgré votre santé de fer, je sais que vous êtes un polyptote, ce qui n’est pas une monstrueuse éruption cutanée… Vous pensiez être le seul à connaître le sens de ce mot, non ? Haha… tel est pris qui croyait prendre !
- Car vous êtes une prétérition. Je ne veux pas dire par là que vous êtes cabot, mais parfois vous aimez bien être mis en spectacle.
- Vous êtes une prolepse, mais il serait bien trop long de l’expliquer, après tout vos livres qui parlent si bien de vous, ne font-ils pas de vous une prosopopée ? Je n’insisterai pas non plus, sans continuer, ni persévérer de cette redondance que vous composez en étant ce que vous êtes. Je risquerai d’éveiller en vous la répétition et celle-ci est pénible, pénible, pénible. Parfois, vous vous répétez, oui, mais pourtant tout le monde ici vous aime d’amour, en vous aimant.
- Vous êtes réfutation. Et si quelqu’un ici n’est pas d’accord, qu’il vienne à cette table et le dise.
- Vous êtes parfois réticence. Mais le seul fait d’y penser me chagrine…
- je sais que vous êtes une stichomythie depuis qu’un jour j’ai entendu dans un bar le serveur vous dire: Reprendriez-vous un verre de ce bordeau ? Et que vous lui avez répondu : Ai-je cet air hagard qu’affiche les buveurs d’eau ? Le type a dit alors : Certes, vous êtes d’un tonique d’enfer et lui avez rétorqué: Pourtant parfois me sens tannique amer.
- Vous êtes solécisme. Vous le savez et c’est pourquoi vous vous relisez pour qu’afin que vous n’ayez plus qu’à faire de telles fautes.
- Vous êtes un symbole. Une sorte d’Hermès du livre, avec des ailes au pied. Les jours de tempête, ça tangue, certes.
- Vous êtes une synalèphe. Bjour Jbé !
- Vous êtes une synecdoque. Vous assignez souvent à un mot un sens plus large ou plus restreint qu’il ne comporte habituellement. C’est parce que vous vous payez le monde
- Vous êtes un topique. C’est-à-dire « un réservoir d'idées, d'exemples, de lieux communs qui facilite la production d'un discours ». Vous, vous facilitez avec vos idées la production de livres, l’apparition de nouveaux auteurs et, on la vu, la ruine du pauvre nanti de passage qui se pique d’éditer.
- Vous êtes un trope. N’est-t-il pas vrai que Pouy est une lumière dans notre obscurité ? Nous avons ici un phare ! Jibé, cesses, tu nous éblouis !
Enfin, cher Pouy vous êtes un zeugme. Vous connaître est un bonheur, être votre ami un enchantement ; vous côtoyer, une joie ; vous saluer, un honneur.
Voici pourquoi j’aime beaucoup ce que vous faites.

(merci
au moins de me prévenir si vous copiez cela ailleurs...)

jeudi 16 avril 2009

Ouverture d'un nouveau blog


Journal de mes recherches d'emplois pour faire des sous en attendant que le chobizenesse d'auteur redémarre...
C'est ici, ça s'appelle donc "au boulot, feignasse" (je dis ça pour me motiver, hein).

mardi 14 avril 2009

Pré-souscriptions "Météomanias" : la plaquette qui vous en dit plus

Des infos comme s'il en pleuvait...
Mon projet Météomanias avait déjà été présenté ici, mais en cliquant sur les images ci-dessous, pour les agrandir, vous en saurez définitivement plus. Vous pouvez aussi télécharger cette plaquette en PDF ici et la faire tourner... Merci... Et couvrez-vous bien !


lundi 13 avril 2009

Exposition Tati : permanence de la bêtise

Il y a une exposition Tati en ce moment à la cinémathèque française. Fort bien, c'est un grand bonhomme, sans jeu de mot. Sauf que dans le métro parisien (je ne vous ai pas fait la photo, je la rajouterai peut-être à l'occasion) sur cette photographie ci-dessus utilisée pour leur massive campagne de pub, ils ont ajouté au bout de la pipe une hélice (petit moulin en papier des enfants) de couleur anis, pour cacher l'instrument du mal sans doute et, astuce graphique supplémentaire, pour nous rappeler que Tati, c'est drôle.
Ils doivent être fiers de leur astuce, les graphistes de la cinémathèque. Pas besoin d'effacer le fumétu comme on l'avait fait jadis sur une affiche représentant Sartre. On aurait pu lui photoshoper le brin d'herbe de Lucky Luke, à Tati, tiens... (Mais plus souple que la pipe, avec la vitesse du vélocipède, il se le serait pris dans les yeux). Ou pourquoi pas un bâton baveux de réglisse, tiens ? (Mais après tout, on ne retouche peut-être pas une image de Tati à cause des droits d'auteur... Alors on est coincé, alors on colle par dessus un pseudo gag). Mais non, un moulin au bout de la pipe, qui nous prend pour des cons infantiles (fumépa) et des ignares (tatidrole), et puis allez, tant qu'on y est ça fait peut-être aussi éolienne et développement durable, -toutes ces conneries qui vont de pair puisqu'il faut sauver la planète autant que les poumons et que toutes les occasions de nous le seriner sont bonnes (on n'a pas encore compris, faut dire. On est si bêtes).
C'est épuisant comme on nous prend de plus en plus pour des crétins, avec ce puritanisme de Quaker peine-à-jouir qui se répand dans toutes les têtes qui veulent nous sauvétous mais laissent crever des SDF au pied des affiches. Et on nous assène de plus en plus d'injonctions comme à des gosses.
Tati, un de nos plus grands humoristes tant par le sens que par le signe, s'il voyait ce moulin qu'on lui a rajouté au bout de sa pipe, il irait certainement l'écraser sur la tête du graphiste de la Cinémathèque pour lui avoir détourné son image et rajouté du signe imbécile.
Face à cela, un truc à la fois roboratif et déprimant que vous pouvez faire, c'est regarder (achetez-le, faites-le vous offrir, volez-le) ce coffret extraordinaire : une sélection de l'émission Cinémas, cinémas. D'abord, c'est du mini docu comme vous n'en verrez plus jamais car depuis les années 80 (date de cette émission) on crétinise : très écrit, créatif, qui ne présuppose pas d'une inculture du spectateur, bien au contraire. Des moments uniques, des propos formidables sur la création, l'exigence artistique et l'envie de faire toujours mieux, les milieux de requins du cinéma et de l'édition, de grands interviews inattendus (Noiret, Blier, Ventura, notamment), de forts moments de tournage (Cassavetes)... Hormis un pensum de cet abruti ré-entartable de Godard, il n'y a que de l'excellent sur les 4 DVD. C'est donc roboratif. Et pourquoi est-ce aussi absolument déprimant ? Parce qu'on se prend dans la figure comme le niveau s'est effondré au cinéma, chez les acteurs, les auteurs, ou les réalisateurs d'émissions culturelles... On constate que si cela était déjà dur d'être artistiquement exigeant jadis, aujourd'hui c'est cent fois pire, car il n'y a pas que sur les affiches du métro qu'on nous prend pour des mal comprenants et qu'il y a irrespect tant de l'auteur que du spectateur. Et juste un détail : à l'écran ils clopent tous. TOUS. Même la Deneuve, qui nous parle pourtant de sa peau de pèche.
On crèvera donc avec des poumons sains, mais la tête vide. C'est un choix de société durable.

Rappel : Gros délire sur Pordic à prévoir

A l'occasion des 10 ans de la "Noiraude" (le seul fonds de nouvelles noires de France), une "bière littéraire" est organisée à Pordic le 18 avril. Attention ; l'équipe a concocté des animations (jeux littéraires, lectures de délires entre les 5 auteurs "parrains" de leur premier recueil de nouvelles)...
Ca va pulser (je n'en dis pas plus, même si j'en sais déjà beaucoup).
Réservez votre soirée, venez rire et boire des coups dans la plus allumée des médiathèques de France.
Les auteurs, outre moâ : Sylvie Rouch, Jean-Bernard Pouy, Marc Villard, Jean-Hugues Oppel...

vendredi 10 avril 2009

Au printemps fleurissent les relevés


Il suffit de se mettre à gémir avant hier ici et le hasard frappe soudainement, ce gros malin. Le même jour que mes cris plaintifs, j'ai reçu un petit chèque et surtout, des relevés de droits d'éditeurs, à la date prévue, contractuelle. Comme je dis souvent du mal des éditeurs, je vais saluer la performance : La Martinière, Le Seuil et Flammarion m'ont adressé mes relevés... C'est si rare et si étonnant que s'en est étrange. Nous sommes dans un monde où le respect des engagements, lorsqu'il est effectué en paraît anormal (méditez)...
En fait, il y a une explication pour La Martinière et Le Seuil : je ne suis plus sous contrat avec eux pour mes romans. En effet, j'en ai récupéré les droits en ce début d'année, car ils ne les exploitaient plus. Ils soldent donc les comptes (entre deux licenciements) et c'est sans doute pourquoi je viens de recevoir comme il faut mes relevés de droits restants, sur des nouvelles parues dans des ouvrages collectifs. Ayant de moins en moins affaire à moi, cette fin d'exploitation de mes romans les a incités à se pencher sur ma compta. Bref, tout se passe bien quand c'est fini.
C'est d'ailleurs ce qu'à fait Flammarion (+ J'ai Lu). Ayant récupéré également mes droits en ce début d'année chez eux (mes livres n'étaient plus exploités), ils se sont sans doute penché sur les chiffres et O miracle, je viens d'apprendre que j'allais toucher fin avril un reliquat de 1 100 euros environ. Une dette qu'ils ne parvenaient pas disent-ils à récupérer depuis 1999 (une fraction d'impayé d'un producteur de cinéma qui avait optionné "L'Agence Tous-Tafs")... Chose curieuse, c'est que ça tombe justement après que j'ai demandé à solder nos rapports... Avec le mauvais esprit qui me caractérise, j'en conclus que si je n'avais jamais rompu les liens contractuels avec Flammarion, ils ne se seraient jamais aperçu qu'on leur devait, qu'on me devait 1 100 euros depuis dix ans. Mais je les remercie toutefois de leur honnêteté : j'ignorais totalement l'existence de cette somme. Et cette bonne surprise mérite donc tout de même d'être grandement saluée... (pas simple, hein?).
J'ai traversé des périodes financières très difficiles (euphémisme) ces dernières années et ces 1 100 euros bloqués depuis dix ans me renvoient à quelques coups de main d'ami(e)s généreu(ses)x que je mis bien du temps à rembourser (coucou Pascale, coucou JB). C'est aussi presque le montant qu'une lectrice, mécène incroyable, m'a un jour envoyé, comme ça, sans contrepartie -un don qui m'a littéralement scotché (coucou Caroline que je n'ai jamais vue. Ca va faire trois ans... Un jour accepteras-tu enfin que l'on boive même qu'un café ?). Ah, ces 1 100 euros, combien de fois ces dix dernières années j'aurais aimé les toucher... !
Voilà, je continue à raconter et exhiber mon nombril irrité : on m'a dit récemment dans un commentaire ici que c'était intéressant. Alors comme je suis comme tout le monde et que j'aime bien me plaindre et parler de moi, hein...
Voilà.
Tenons bon (mais ne vous tenez pas forcément bien).

jeudi 9 avril 2009

Compter les flamants roses




L'impeccable Anne-Lulu vient de m'envoyer cet article (cliquez dessus pour agrandir) qu'elle a déniché je ne sais où et qui m'amuse. D'abord parce qu'il y a des entreprises humaines qui me fascinent : on y apprend qu'auparavant il fallait compter les flamants roses à la main et à la loupe, mais que, désormais, un logiciel le fera. Encore un petit boulot passionnant qui disparaît, victime des nouvelles technologies. Dans mon bouquins sur les araignées d'eau (gerris gerris), j'avais imaginé la difficulté depuis des siècles qu'il y avait à compter ces bestioles et toutes les méthodes qui avaient été tentées à travers l'histoire pour y parvenir : la boucle est bouclée, car si on peut désormais compter les flamants, on pourra dénombrer les gerris. Mine de rien, cela fait donc partie de ces petites nouvelles qui nous conforte dans l'avancée, malgré tout, de ce monde et nous remet un petit coup de stimuli à notre foi déclinante dans le progrès.
J'appelle toutefois ici -ce n'est pas une curiosité malsaine de ma part- aux personnes qui auront eu comme job dans leur vie de compter des flamants avec une loupe et un stylo sur une photographie floue à venir témoigner ici. Je pense que cela peut être bénéfique à la communauté : leur tâche menée dans l'ombre, peu reconnue, le sera enfin (compter les flamants est important d'un point de vue écologique, de protection et de surveillance de l'espèce) et par ailleurs leur vécu de compteur de flamants sera à n'en pas douter d'un enseignement de l'ordre du vertige métaphysique, que, je sais, bande de pervers polymorphes que vous êtes fascinés par l'absurdité buzzatienne de ce monde, ne demandez qu'à savourer.
Enfin, s'il y en a qui ont eu à compter les flamants non pas sur une photo figée, mais avec un calepin et un crayon depuis une mongolfière, surtout, surtout, qu'ils nous le racontent...

mercredi 8 avril 2009

Kesske je bouine ?

Aujourd'hui Yvon (que je ne connais pas) vient de publier sur son site un billet sur mon roman "La Santé par les plantes". Ce roman délirant, écrit il y a plus de dix ans l'a fait rire. Il trouve cela toujours d'actualité, et efficace. Merci Yvon (tu l'as trouvé où ?). C'est hyper sympa et fait chaud au coeur... et en même temps,.. euh.. comment dire... ? Yvon sait-il que ce roman n'a pas été commercialisé par Gallimard depuis au moins deux ans au point que j'en ai repris les droits il y a 3 mois ? Il ne sait pas non plus qu'après 2 accusés de réception et des menaces d'avocat il y a 3 mois, je ne sais toujours pas combien j'en ai vendu en dix ans. Merci Yvon : tu me fais repenser qu'il faut que je m'occupe de cette chienlit et que je relance la machine.

"La Santé par les plantes", dont je viens de relire des détails sur le site d'Yvon est mon premier roman, écrit d'un jet à l'époque en une semaine pour son éditeur précédent, les Editions de la Loupiote. Le résumé qu'en fait Yvon m'a permis de me souvenir de choses dont je n'avais plus aucune idée. On écrit de ces choses...
Ce roman me colle à la peau car depuis sa parution on ne me parle que du perroquet vert à deux crêtes et touffes rouges sous les ailes (un jour une chercheuse italienne très sérieuse qui était parvenue à se procurer mon numéro de téléphone m'a appelé et avec un adorable accent m'a demandé où vivait ce perroquet "qui valide tellement mes théories darwiniennes", car elle devait donner une conférence) et des Indiens Macroqa (que j'ai réutilisés du coup par la suite dans "La cosmogonie Macroqa" -épuisé- et dans "Twist Tropique" -toujours dispo chez Baleine près avoir été abandonné par le Seuil en poche).

Ces indiens Macroqa, je les aime. Finalement, c'est sans doute ce que j'aurai inventé de mieux : un univers métaphorique qui me permet de supporter le réel tout en le critiquant tous azimuts avec jubilation. Je me disais il y a quelques mois que finalement je ne devrais plus qu'écrire sur eux, ces fichus Macroqa -si tant est que je retrouve un éditeur qui tienne la route et aurait quelque argent à me donner pour manger et rester propre (voir plus bas). Bref, creuser cet univers à fond. En faire le miroir en temps réel du nôtre.
Hasard et grâce à un rayon de soleil momentané sans doute, samedi dernier m'est venue l'idée d'un synopsis à proposer à un "grand" éditeur dans l'espoir d'avoir un peu de sous. Il s'agit donc d'un ethnopolar Macroqa. Le voici :
Titre provisoire : Ivres de la jungle
2009. Chaman Jean-François revient au village Macroqa (Guyane) après avoir suivi une longue cure de désintoxication alcoolique en France métropolitaine, à la Bourboule, payée par la sécurité sociale et le bureau français des affaires indiennes. Il a définitivement arrêté l’alcool et se promène même en permanence et ostensiblement avec une carafe de purification d’eau en sautoir. Convaincu que désormais la tribu Macroqa, acculturée et vivant entre tradition (les pagnes, les traditions de chasse et de rapine, la cuisine, les coutumes totémiques devenues toutefois l’ombre d’elles-mêmes) et la modernité (Internet par satellite, rap “blong blong” lié au “chic macroqa”, T-shirt publicitaires, bitures au cognac, etc.) doit se remettre en phase avec le mode de vie frugal qui fut le sien jadis (il monte une ligue de tempérance) et retrouver la base de sa culture, notamment artistique, Chaman Jean-François commence à organiser (avec l'aide de l'assistante sociale dépressive affectée à la Zone Nord des territoires de la Jungle) à des conférences sur l'hygiène alimentaire, la nourriture bio, le développement durable et l'écologie (tri sélectif, calcul de la consommation carbone, etc.). Il commence aussi à monter, avec un succès qui n’est hélas que d’estime, des ateliers de sensibilisation au retour à l’art Macroqa. Sa volonté de faire des Macroqa une des tribus les plus en pointe sur le sauvetage de la planète et une sorte d’écomusée agace les jeunes générations et bouscule bien des intérêts locaux, dont celui des terribles VaniVani (stupide tribu ennemie d'en face) qui ont profité d'une exonération fiscale pour ouvrir sur la rive du Rio Napo une sorte de péniche speakeasy, le Jungle River Boat, destinée aux touristes de l'extrême (alcools locaux, danses traditionnelles relookées, rites initiatiques selon différentes formules de forfait, soirées de “foot gerbille” sur écran géant, Gogo girls VaniVani...). Chaman Jean-François est retrouvé un matin assassiné selon un rituel qui pourrait bien désigner les VaniVani, et l’assistante sociale a disparu. Un ex-anthropologue est nommé par Paris pour venir enquêter sur place afin de déterminer s’il s’agit d’un crime ordinaire (condamnable) ou d’une tradition locale (absout au titre du respect des minorités). Mais voilà, c’est une erreur administrative : sa formation est essentiellement axée sur l'étude des peuplades inuits et il ne comprend pas grand chose aux codes de communication VaniVani très complexes et codifiés, sachant que la moindre parole anodine peut revêtir plusieurs sens se référant aux sagas divines narrant les origines du monde...

J'en ris d'avance. J'attends. J'espère qu'avec ça, j'aurai un engagement d'édition... On m'a dit que ce n'était pas gagné.
J'aimerais envie que ce soit un énorme livre, volumineux. Un feu d'artifice Macroqa, très écrit (mon écriture a évolué depuis "La Santé par les plantes", heureusement) et qui fasse tomber mes lecteurs à terre de rire. Un livre qui dise tout sur l'époque, qui soit mon "Brazil" à moi. Depuis la rédaction de ce synopsis, la machine à gamberge se met en route malgré moi. Ce matin au réveil je me demandais ainsi comment les rappeurs blong blong Macroqa faisaient pour tagger les cases et écrire FUCK sur les troncs envahis par les plantes épiphytes ? Pas de problème : je trouverai. Mais je n'écrirai pas ce livre sans la certitude d'argent, ni d'une bonne diffusion et d'un bon soutien en librairie. J'en ai assez des bouquins flingués dès leur sortie. Le jeu n'en vaut pas la chandelle. L'auteur ne doit pas être le seul à ne pas vivre de ce qu'il fait. On édite des livres, on les flingue en les sortant n'importe comment et après on culpabilise l'auteur : vous ne vendez pas assez. Donc on ne vous édite plus ou on en tire moins, en diffuse moins... Absurdité totale d'un système qui fait que vous devez toujours moins vendre, puisque vous vendez de moins en moins. Sauf que ce n'est pas l'auteur qui est éditeur, qui s'engage par contrat à en vendre, soi-disant, le plus possible...

Je parle beaucoup d'argent parce que cela fait 7 mois quue n'ai pas touché un centime. Depuis 7 mois, je bosse comme un malade : j'ai lancé des dizaines de projets, écrit des kilomètres, remis des travaux d'édition ou audiovisuels, pas arrêté de bosser. Tout est figé, ou repoussé, ou annulé. Les choses signées mettent des mois à être payées (tenez : regardez ça, c'est mignon). La déflation et la prolétarisation du travail d'auteur -toujours moins respecté- s'accélère. C'est facile : on vous demande de gratter un projet, car on veut lancer ceci ou cela, je me cogne un rendez-vous, je l'écris, on le lit et finalement on répond que c'est pas le moment, que non finalement, ce n'est pas mon projet qui est en cause, c'est que la société n'a pas envie de lancer de nouveaux projets, après réflexion. Excusez-nous, on vient de changer d'avis. Et moi, j'ai que ça à foutre que de pondre des idées pour alimenter les journées de gens qui n'ont pas d'idées, restent tétanisés, mais veulent s'occuper pour se donner l'impression de faire quelque chose.
Jadis je vivais -et certaines années même largement- de chroniques humoristiques. C'est fini ça : c'est sur les blogs, et c'est gratuit ou rien. OK, OK... Les temps changent. J'ai pu relancer avec chance la vie d'artiste il y a 8 mois -mais pourquoi dans ce foutu pays est-ce si dur ?- et j'ai sauté sur l'occasion car je devenais dingue dans mon précédent emploi, et parce qu'on me répétait sans cesse : "Qu'est-ce qu'un type de ton talent fait dans ce truc ? C'est ahurissant !" (remarque gentille, mais qui finit par user) : ben, il gagne sa vie, le gros malin.
Oh, reprendre le boulot "normal", ce n'est pas un drame : c'est le lot commun.
Alors je vais encore le reprendre dès que possible. Je cherche du taf en PAO, Web, rédaction, écrivez-moi. Le moyen de m'en sortir serait de faire des boulots d'écriture de bouquins marketing, du roman d'élevage, comme tous ces thrillers interchangeables traduits en quinze langues (puisque l'audiovisuel met six mois à avancer entre deux réunions) : mais ça, jamais. L'écriture est ma seule zone de liberté. Je préfère m'en passer plutôt qu'on me l'abime. Je veux écrire ce que je veux ou dans ce quoi je me reconnais, que je peux revendiquer.
Et si un jour on retrouve un de mes bouquins épuisé, comme aujourd'hui Yvon l'a fait et si on déplore que je n'écrive plus (car je ne peux pas faire les deux, du salariat et des livres ou des scénars, désolé. Le week end si je suis salarié, je vis... puisque tous vont à la plage, pourquoi pas moi ?), faudra pas chercher les raisons.
Voilà : c'était en direct d'ici et maintenant, je suis las, aujourd'hui.

Sinon mon projet Météomanias est toujours d'actu. Ca sera une bulle d'air, et je n'y soumets aucune condition. Juste le plaisir.

vendredi 3 avril 2009

No comment

C'est bête, mais allez, j'assume...


Merci Yann...