mercredi 25 mars 2009

Viendez m'écouter conférencer à la BNF le 1er avril


(Ce n'est pas un poisson d'avril. Peut-être connaissez-vous mon singulier intérêt pour les brouettes... Voici où ça mène...).

À l’aube du XXIe siècle, dans un monde où le politiquement correct et la pensée unique sont de règle, où la raison n’est que ruine de la fantaisie, il est venu le temps d’exhumer et de considérer enfin – pour éviter que ne meurent une seconde fois les grandes œuvres des petits auteurs – la piétaille des « Fous Littéraires, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés… »
Fous musicaux : Au cours de l’après-midi, Fanchon Daemers rythmera les communications par des interventions chantées autour et alentour des fous littéraires ou des hétéroclites.

14h30-18h
Ouf
Film d'introduction de Laurent Gervereau, président du comité scientifique de l' IIREFL

Histoire d'une passion
Par Marc Ways, président et fondateur de L' IIREFL

Présentation de l'IIREFL : Qu'est-ce que l'Institut ?
Par André Stas

Les Cahiers de l'Institut
Par Marc Décimo, vice-président et co-fondateur de L'Institut

Hersilie Rouy
Par Laurent Soulayrol, psychiatre-psychanalyste

Pour une histoire de la folie littéraire. De Charles Nodier à André Blavier : en quête d'immoralité
Par Tanka G. Tremblay, doctorant en langue et littérature françaises à l'Université McGill , Canada et cofondateur de l'IIREFL

Warungka: perdre le sens des mots et des pas chez les Warlpiri du désert central australien
Par Barbara Glowczewski, directrice de recherche au CNRS Laboratoire d'Anthropologie Sociale, Collège de France

Les fous scientifiques
Par Michel Criton, président de la Fédération française des jeux mathématiques

Les Causeries brouettiques du Marquis de Camarasa¨ Par Francis Mizio, écrivain et scénariste

Un Éditeur chez les fous littéraires
Par Marc Kopylov, Édition des Cendres

La guérison infinie : quelques cas de folie en histoire de l'art
Par Nicolas Surlapierre, Conservateur au musée d'Art moderne de Lille Métropole

Paul Tisseyre Ananké-Hel ! et Jean-Pierre Brisset
Par Marc Décimo

18h30-20h
Lectures de textes de Brisset, Roux, Boudin et de Gagne par Sagamore Stévenin, comédien entrecoupées de projections d'extraits des films Praline, autour des fous de Rimbaud par Jean-Hugues Berrou ; Sacrées bouteilles, film tunisien de Fitouri Belhiba ; Brouettes. Autour du marquis de Camarasa, par Laurent Gervereau.

mardi 24 mars 2009

Ca boxe autour du livre numérique : François Bon vainqueur par K.O.


En découvrant un texte ahurissant du Syndicat National de l'Edition (SNE) sur le livre numérique dont je ne suis pourtant pas un fervent défenseur (juste un observateur très concerné, pour l'heure vaguement acteur) j'envisageais de rétorquer ici à toutes leurs traces de mauvaise foi pathétique qui sentent la Major du disque en train de crever dans son impuissance, et puis bon, Bon (haha) qui est pointu sur le sujet, réactif pour le moins et ne mâche ni ses mots ni ne lésine sur son argumentation a écrit une superbe et aussi impeccable qu'implacable réplique. Si le sujet vous intéresse, lisez-ça. Cela donne entre autres une idée de l'esprit général de qui on a affaire, lorsqu'on doit se cogner le système éditorial obsolète des "grands éditeurs/distributeurs", notamment nous zautres salauds d'auteurs cupides qui voulons gagner notre vie (comme ses enfoirés de libraires et de petits éditeurs qui doivent être distribués par les réseaux appartenant aux grands).
Les masques tombent et... c'est la gerbe, parfois. Ils sont atterrants.
(Tenez un autre truc des éditeurs : outre ce que subisssent les traducteurs, c'est l'exploitation "des petites mains" de la correction).

L'illustration ci-dessus est de Lenaig. C'est la carte de voeux qu'elle m'a envoyée. Lenaig sera l'illustratrice principale de Météomanias. (en compagnie des photographes).. et ce que j'ai déjà vu de ce qu'elle concocte (dessins de malades, projets plastiques, images de l'Institut...) est tout simplement formidable.

lundi 23 mars 2009

Un tag de soutien à Julien Coupat...


Ce qui arrive à Julien Coupat, et à ses camarades est loin de m'être indifférent. D'autant que plus de trois mois avant leurs ennuis, j'avais ici chanté les vertus de ce magnifique texte écrit par "Le Comité invisible". Je ne vous donnerai pas de liens donnant sur les textes fort justes et éclairants sur ce scandale d'Etat, c'est inutile, tapez dans Google : ils abondent. On pourra aussi lire, si on la retrouve, la tribune des Neuf de Tarnac parue dans Le Monde qui explique pourquoi "ils ne répondront plus aux questions des juges". Un texte qui donne envie d'applaudir pour son esprit, sa détermination, sa radicalité, sa formidable intelligence distante et ironique.
Grâce à Christian, Marie et surtout Régis, qui est l'auteur de cette photographie ci-dessus reproduite avec son autorisation, je voudrais apporter cette modeste pierre (cliquez sur l'image pour l'agrandir). Ce tag, photographié récemment à la gare d'Eymoutiers mérite une explication (que j'ignorais). Voici ce que Christian m'écrit :
"Le 13 mars 1943, la « 1re Brigade de Marche Limousine » sous les ordres de Georges Guingouin sabote et détruit le viaduc de Bussy–Varache sur la ligne Limoges-Ussel. 66 ans plus tard, certains s'en souviennent."
Juste quelques réflexions sur les bonnes nouvelles induites dans ce tag :
1- dans ce pays, certains n'oublient rien, contrairement à ce qu'on dit, et savent tirer sens et leçons de l'histoire.
2- ça bouge, ça couve. Dont acte.
Ce week-end, lors d'un festival de littérature, j'ai trouvé un exemplaire de la "Théorie du Bloom", paru chez La Fabrique. Texte antérieur à "L'insurrection qui vient" du Comité invisible, publié jadis comme "La théorie de la jeune fille" dans la revue Tiqqun ; revue que je ne connaissais que de nom pour l'avoir vue il y a quelques années dans la bibliothèque d'un ami haut placé dans un média, et qui n'a rien de terroriste, mais considérait tout cela déjà avec respect.
Je vais me mettre à jour, lire ça, en guettant par la fenêtre entrouverte en ces jours de printemps les rumeurs de la rue.

jeudi 19 mars 2009

[ On brade : suite] "Twist Tropique", version poche (Seuil Point Virgule) épuisé en version poche, mais disponible ici dédicacé

La série continue...

"Twist Tropique", roman qui avait été édité en version originale grand format chez Baleine en 2001, avait été réédité par Le Seuil, en collection poche Point virgule, en 2003. Au rachat de Baleine qui est devenu une collection du Seuil (vous suivez?), ce roman coexistait en deux versions : la grande et la petite (couverture du bas). La différence ne réside que dans le format et le prix.

Ce roman narre comment une expédition scientifique brindezingue découvre et étudie dans la jungle de Guyane une nouvelle espèce de singes qui semblent rire... ce qui serait une nouvelle absolument stupéfiante, et pourrait permettre de mieux comprendre le fonctionnement du rire humain, ouvrant de vertigineuses perspectives métaphysiques. Ils vont être confrontés aux stupides VaniVani, tribu acculturée et cupide.

La Martinière ayant ensuite acheté le Seuil, et en juillet dernier revendu Baleine à Jean-François Platet, l'éditeur maison, qui est devenu donc... le propriétaire des Editions Baleine redevenue indépendante (vous ne suivez plus, je le vois bien). Conséquence : le Seuil a décidé de cesser l'exploitation du poche (forcément, Baleine redevenu indépendante est de nouveau redevenue propriétaire d'un grand format, et le poche s'est retrouvé dans une sorte de non statut flottant puisque propriété du Seuil...).

Pour solder les droits, on a proposé de donner purement et simplement la fin du tirage poche à Jean-François Platet, une centaine de livres, qui me l'a donnée.

Et donc je vous le propose, comme "Mamie au Mulot", dédicacé à qui vous voulez et avec la phrase que vous voulez, pour 3,50€, en exclu ici.

A noter que la version grand format, (ci-contre) du coup redevient la seule exploitée, et est toujours disponible via les éditions Baleine.
C'est chouette la vie des livres.

"L'Agence Tous Tafs", retiré de la vente

"L'Agence Tous-Tafs" paru en 1999, traitait du chômage montant et des jobs précaires, via les mésaventures d'un groupe de chômeurs et les agissements d'une agence d'interim spécialisée dans les boulots improbables que personne ne veut. Il s'agissait d'une réaction de ma part contre la morosité qui s'installait à une époque où on disait "On connaît tous désormais un chômeur dans son entourage". L'argument était de dire que si on nous conseillait ainsi de courber la tête et de nous tenir à carreaux dans nos emplois, pendant que la vague passe, sachons encore au moins en rire entre nous, -signe de liberté et que rien n'est perdu dans l'hypothèse où le balancier reviendra dans le bon sens. Autre sujet du livre : les régimes amaigrissants, via les Weight Warriors, organisation mafieuse. Il devait y avoir 3 tomes. Je ne pus en écrire qu'un à cause des remous chez Flammarion.

C'est probablement, avec mon recueil de nouvelles "Un quart d'heure pas plus" de Librio noir (épuisé), le livre que j'aurai le plus vendu et qui m'aura rapporté le plus d'argent durant quelques années, parfois en tapant violemment sur la table -avant que Flammarion ne soit racheté par des Italiens- pour avoir mon fric. Je ne connais donc pas les ventes précisément, mais il a connu 4 éditions : Flammarion, France loisirs, J'ai Lu et une traduction en Chine du Nord (comme c'est le cas de "La Santé par les plantes" et "Tout ce qui tombe du ciel", retirés depuis aussi de la vente).

Il faillit être adapté 3 fois au cinéma. Une fois par le producteur Norbert Saada, avec des dialogues de Jean Yanne qu'hélas je ne rencontrai jamais (mais cela s'interrompit du jour au lendemain, sans que je sache vraiment pourquoi), une fois par un réalisateur qui a laissé tomber car Flammarion après 3 relances et 3 mois passés n'a pas été fichu d'imprimer un contrat qui lui aurait pourtant rapporté 50% des droits, et une fois sur un synopsis original de ma plume (une histoire qui devait composer le tome 2), mais là encore sans suite : le réalisateur qui m'avait payé sur ses propres derniers changeant d'avis pour céder à des sirènes chez Karl Zéro... et ne fit rien au final, sans doute lui-même atomisé par le système.
Au total, ce livre m'aura rapporté entre les options cinéma, les ventes et les droits poche, le synopsis original, une bonne dizaine de milliers d'euros.

Mon interlocutrice Laurence Decréau, éditrice de chez Flammarion (qui était venue me chercher pour m'enrôler alors chez eux à la suite de la sortie de "La Santé par les plantes", chez Gallimard) et qui avait effectué un beau travail d'édition sur ce livre, ayant été poussée au dehors de la maison d'édition tenue alors entre autres par Raphaël Sorin qui en partit d'ailleurs également, la sorte de collection dans laquelle se trouvait ce livre ayant été subitement arrêtée, je perdis cet éditeur n'ayant plus aucun contact en interne. Il me fallut attendre 3 ans pour qu'il soit réédité en poche, à la suite de mes râleries, car J'ai Lu avait acheté les droits à Flammarion (qui avait touché l'argent -cavalerie interne) et ne le publiait pas. Ce qui me bloquait durant 3 ans ma part de droits tant qu'il n'était pas édité. Puis, l'interlocuteur chez J'ai Lu changeant (comme chaque année ou presque), je n'eus plus de contact chez eux et ne sus ce qu'il advint des ventes. J'ai demandé à récupérer les droits originaux et poche ces dernières semaines car il n'était plus distribué depuis au moins 2 ans par Flammarion et J'ai Lu qui en étaient les exploitants.
C'est un livre qui fait encore rire (une scène a été lue par Les Livreurs, il y a encore quelques mois à près de 200 personnes à la Boule Noire à Paris ; tous pleuraient de rire), mais qui a sans doute pas mal vieilli. Depuis, la situation du monde du travail est devenue bien pire. L'inspecteur du travail, Bernard Flochi, qui est présent dans ce roman était une allusion à Gérard Filoche, un type formidable qui était l'inspecteur du travail à qui j'avais affaire lorsque j'étais secrétaire du C.E. de Libération. Depuis, on essaie de lui faire la peau. Les temps changent, dit-on. Pour l'anecdote, pure coïncidence, je découvris que son bureau se trouvait au dessus d'une antenne des Wight-Watchers ; hallucinante ccoïncidence qui m'a fait rire. Par ailleurs nombres de choses délirantes imaginées dans ce roman, liées tant au monde du travail qu'à celui des régimes ont vraiment existé dans les années qui suivaient : la réalité, hein dépasse tant la fiction qu'on le sait, elle est devenue fiction, et au-delà.

Comme à chaque fois qu'un de mes livres est retiré de la vente, je demande à récupérer le fichier numérique de l'imprimeur -fichier que je considère comme étant ma propriété- afin, soit de le rééditer, soit de l'offrir en téléchargement gratuit. Comme à chaque fois, quel que soit l'éditeur, je ne l'obtiens pas ou on évite de me répondre sur ce point.

mardi 17 mars 2009

Les Habits Noirs lancent un blog d'archives audio

La journaliste Christine Ferniot a cédé aux Habits Noirs (association dans laquelle je gesticule) de nombreuses cassettes magnétiques contenant des émissions sur le polar et le roman noir ; émissions effectuées par elle durant les années 80 sur des radios libres parisiennes. Sélectionnées par Marc Villard, numérisées, et "nettoyées" au mieux (et remontées : les coupures musicales ou les jeux concours de livres à gagner ont par exemple été ôtés) par moâ, ces archives seront peu à peu mises en ligne sur un nouveau blog : Les Habits Noirs Archives.
Pour l'ouverture de ce blog, deux émissions de près d'une heure remontant à 1983 : une avec François Guérif et Michel Lebrun et une avec Pierre Siniac et Jean-Claude Muet (fondateur, alors, des Editions de la Butte aux cailles qui éditaient Léo Malet).
Bonne écoute... et n'hésitez pas à nous faire part de vos réactions !

> Le blog Les Habits Noirs Archives.

Critique de ma nouvelle "Arrêter d'arrêter" (Atelier In8 Editions)

Miranda Mirette, critique à la dent dure (enfin, c'est ce qu'on aime se dire en tant qu'auteur quand un crtiique vous fait des éloges) du site Noir comme Polar évoque ainsi ma nouvelle "Arrêtez d'arrêter" parue dans le coffret "Des plumes et du goudron" (coffret tabac) des Editions de l'Atelier In8 (cliquez dessus pour agrandir) :

"Domo dingo, la vie domotique", retiré de la vente

Sorti en 2000, ce roman publié alors en inédit en J'ai Lu "nouvelle génération" -roman de SF délirante basé sur la stricte application des inepties proférées alors dans la presse à propos des nouvelles technologies- "n'a pas vraiment trouvé son public", comme on le dit de façon euphémisée dans l'édition. Il faut préciser toutefois que là où se trouvait le public, le livre s'y trouvait rarement, -ce qui est peut-être une des pistes d'explication. Il a beau apparaître dans une thèse défendue l'an dernier (ça, c'est un vrai motif de satisfaction), il ne laissera malgré tout pas une trace mémorable dans l'histoire de la littérature, -que pourtant il voulait modestement révolutionner afin que l'Humanité reconnaissante se roule à mes pieds de gratitude et d'admiration (Encore loupé, pffff).
N'étant plus exploité depuis au moins deux ans par J'ai Lu, j'en ai repris récemment les droits (je n'aime guère qu'on reste dépositaire de choses qu'on ne vend plus). Si je peux récupérer le fichier numérique imprimeur, je le cèderai sur un site en téléchargement gratuit, mais je doute d'y parvenir.
Les derniers exemplaires ont sans doute été pilonnés et réduits en pâte à papier ou à chiffons. Je me console en me disant qu'un peu de lui se trouve peut-être aujourd'hui dans un kleenex, ou une lingette à lunettes et que dans les deux cas, cela ouvre les yeux de quelqu'un. Il n'y a pas de mauvaises façons, somme toute, de faire passer les arguments littéraires.

lundi 16 mars 2009

Pendez-les haut et court

Une bande probablement de sales cons de publicitaires, arrogants et sans doute fiers d'eux ont imaginé une campagne de pub sans doute pour un docu sur Chirac qui doit passer sur Canal+ ce soir. Alors ils ont tapissé cette nuit certains coins de Paris d'innombrables portraits sauvages frappés de ces mots "Putain c'est ce soir". Hé bien moi, putain, j'aimerais bien que ce soit ce soir qu'on fasse la peau de cette nuisance absolue que sont les publicitaires : envahissement de l'espace public, enlaidissement de notre espace, gêne des piétons, de la vue des feux rouges à certains croisements, surcroit de travail pour les gens de voirie, surcoût du traitement de ces conneries. J'espère qu'ils vont se prendre des sanctions de la municipalité ou d'une quelconque autorité...
Ce qui me consterne, c'est que personne ne les arrache, ces merdes. Les gens s'accommodent de tout... Au carrefour Parmentier/République c'est un envahissement infernal. Il y en a partout : réverbères, feux rouges, poteaux de fer sur les trottoirs. Ca gêne pour passer, aller traverser la rue...
Mais qu'on les élimine ces nuisibles de publicitaires ! Que la crise laisse chez eux des cadavres à n'en plus compter. Qu'ils crèvent. C'est tout ce que je souhaite quand je vois ça.

dimanche 15 mars 2009

"Ex-E.T.", un remarquable film d'animation


J'adore l'idée, le graphisme, les couleurs, l'esprit... C'est joli, émouvant...

Ex-E.T, l'un des films de la dernière promotion de l'ESMA de Montpellier réalisé par Benoît Bargeton, Nicolas Gracia, Rémy Froment et Yannick Lasfas. Après avoir reçu le prix "Meilleure Ecole et Université" à Imagina à Monaco, il a reçu le premier prix "Animation 3D" à Animex à Middlesbrough.
(Un film que j'ai découvert ici. En cliquant sur le menu vidéo, vous pouvez l'afficher en plein écran).

Vrac : Fous littéraires, Peach Noise, Emmanuel Rich

Quelques infos en vrac.

L'excellent Institut International de recherche sur lses fous littéraires (IIREFL) a créé son blog. > C'est ici. Rappelons que le numéro deux des "Cahiers", revue de l'Institut est toujours disponible et qu'on peut s'y abonner : c'est un placement pour collectionneurs et érudits. D'abord parce que dans les champs littéraires, celui des fous, des excentriques, tapés et assimilés était quasi vierge. Il apparaît qu'il est riche d'enseignement, de drôlerie, sinon de subversion en cette époque normalisatrice... ensuite parce que ça s'agite autour du sujet. L'IIREFL tiendra une journée de conférences le 1er avril (forcément) sur ce sujet à la BNF et vous y êtes conviés chaleuresement. Il y aura, je crois des lectures d'extraits par Sagamore Stevenin (Brisset, Paulin Gagne...). Enfin, j'y ferai une intervention de 15 minutes à propos du marquis de Camarasa, auteur des "Causeries Brouettiques" (1925) qui aurait influencé Salvador Dali ; sujet qui occupera par ailleurs une bonne cinquantaine de pages dans le Cahier numéro 3 de l'IIREFL sous ma plume. Le marquis de Camarasa étant un sujet brouettique qui m'est cher, je vais créer dès que possible un site web en son honneur comprenant des illustrations, manuscrits, etc. ; lequel qui sera lié aux web de l'Institut.

Mon ami et compositeur, guitariste émérite Nicolas Mingot et son groupe PEACH NOISE "spécialisé" entre autres dans le répertoire de Franck Zappa se produira le samedi 27 mars. L'invitation est ci-dessous, cliquez dessus. Je suis déjà allé voir jouer PEACH NOISE, c'est du bon, acclamé, et pourtant, croyez-moi et les zappaphiles ont la réputation d'être exigeants... J'y serai !

Enfin, autre ami d'enfance, le peintre abstrait Manu Rich expose à Paris à l'atelier d'architecture PHD architectes à compter du 20 mars : flyer comme on dit, ci-dessous (cliquez dessus pour agrandir - pareil, je ne pourrai pas y aller. Le lendemain je serai à Rennes) :

samedi 14 mars 2009

Depuis le temps qu'on vous le dit : ça sent le cadavre

Enfin un ex-éditeur qui lâche officiellement le morceau (ci-dessous). C'est dans le Monde du 13/09 (Merci Philippe de me l'avoir signalé). Auteurs et libraires vont crever à cause de la lourdeur des gros éditeurs sans imagination et des distributeurs monopolistiques (qui sont souvent les mêmes). Jibé Pouy disait il y a un an ou deux que les librairies vont devenir des boutiques d'antiquités, des trucs genre bouquinerie et bibliophilie. Souvenez-vous de ce qui s'est passé avec les boutiques de disques, et depuis, en musique avec le numérique. Les majors sont exsangues aujourd'hui... Le livre est un truc de riches (30% des Français ne lisent pas), la technologie aussi. Le livre numérique va foutre à terre les vieux principes, et la forme littéraire va changer, comme ce fut le cas par exemple pour les oeuvres musicales en passant de la cire au vynil, puis au CD, puis au téléchargement à l'unité. Alors on va revenir au feuilleton. Il y en a un paquet qui se sont gavés jusque là (les distributeurs) obérant la part des auteurs, des libraires, des petits éditeurs. Pour ma part, le numérique, j'y vais, bien sûr (et une réflexion sur l'autoédition) et d'autant plus que pendant ce temps Google numérise tout, le vieux et même l'inédit... Mais il va falloir faire vite pour occuper la place.
En revanche, car l'auteur de ce papier en veut à la loi Lang, je ne suis pas d'accord sur ce point. Il y aura une déflation terrible si on libère le prix du livre papier pour sauver l'industrie éditoriale (je parle pour mes revenus d'auteur, por les libraires) et il y a tout de même des marges grandissantes pour l'éditeur numérique (le coût de fabrication et de distribution sera ôté). On nous fait miroiter 25 % de la valeur d'un livre numérique... mais le coût de fabrication est fracassé et l'éditeur s'en prend tout de même 75 %. Ca va être un déplacement de capitaux, et il n'est pas certain que l'auteur s'y retrouve (c'est déjà le seul fournisseur du pays a être payé à plus d'un an). J'en veux pour preuve le combat des éditeurs en ce moment qui pétitionnent pour sauver les droits d'auteurs... mais les auteurs ne peuvent signer la pétition (ils ont peur de perdre les fonds sur les contrats antérieurs aux années 80 car le numérique n'avait pas été prévu et au lieu de se concerter avec les auteurs, ils lobbyisent à Bruxelles sans nous...).
Enfin, le livre numérique c'est encore plus d'opacité sur les ventes (un seul mail avec un PDF et je t'arrose plein de monde...) alors qu'aujourd'hui c'est déjà très difficile de savoir la réalité des ventes. papier... Numérique oui, mais avec vigilance, car sinon on va s'en prendre plein la gueule.
..

L'article :
L'édition française au crépuscule ?, par Olivier Querenet de Breville
Avec l'arrivée du papier électronique et de nouvelles formes de publications, le secteur de l'édition française aurait-il vécu ses heures de gloires ? Cette question semble encore un peu saugrenue aujourd'hui. Pourtant, de nombreux signes montrent que l'édition française se rapproche d'un gouffre tant ses particularités la rendent vulnérable aux évolutions technologiques et culturelles en cours. Les évolutions technologiques sont déjà connues. Le développement de l'encre électronique permet de détenir de 100 à 150 livres sur un lecteur dont l'écran offre un confort de lecture équivalent à celui d'une page imprimée.
Impossible de connaître les chiffres de vente du lecteur commercialisé aux Etats-Unis par Amazon, le Kindle, mais les chiffres qui circulent varient de 260 000 unités à plus de 1 million, et l'appareil était indisponible après Noël pour cause de rupture de stock. Il y aura toujours des inconditionnels de l'objet imprimé, mais le développement de ces lecteurs numériques s'accompagnera d'un transfert du marché de l'imprimé vers le numérique de 5 % à 10 % du marché à terme au minimum. Pour preuve, les acheteurs du lecteur d'Amazon sont majoritairement des personnes de 55 à 65 ans. Il ne s'agit donc pas d'un gadget destiné aux seuls férus de haute technologie.
En parallèle, Internet devient le média le plus efficace pour faire connaître un nouvel ouvrage - tous les grands auteurs américains possèdent leur site. L'auto-publication à compte d'auteur se répand au point d'être à l'origine des best-sellers américains lorsqu'ils sont repris par les maisons d'édition traditionnelles qui sont maintenant qualifiées d'"old publishing houses", synonyme de qualité mais aussi de conventionnel et de prix très élevés. Au Japon, les romans écrits à l'origine pour les téléphones portables ont représenté, une fois imprimés, quatre des cinq premières ventes de livres en 2007. Ces évolutions sont identiques à celles qui ont permis de faire naître la forme du roman au XVIIIe siècle. Depuis lors, l'édition n'avait pas connu de révolution technologique qui porte en germe de nouvelles formes d'écriture.

LA DISTRIBUTION FRAGILISÉE

Ces mouvements sont inéluctables et signifient à terme la chute du système d'édition à la française. En France, l'économie de ce secteur repose en effet sur deux piliers : les distributeurs qui achètent les livres aux éditeurs et les vendent aux libraires, et un réseau dense de librairies.
En tant que tel, l'éditeur ne dégage pas de profit car celui-ci est "confisqué" par les distributeurs qui appartiennent aux deux grands groupes d'édition (Hachette et Editis) ou aux grandes maisons comme Gallimard, Flammarion, La Martinière ou Media Participation.
Le distributeur, lui, dégage des profits en fonction du flux des ouvrages. Il gagne en envoyant les livres et lors de leur retour en cas de mévente. Toute réduction des flux se traduit par une baisse très rapide des profits du distributeur, car le métier exige des frais fixes élevés et une forte intensité capitalistique. Très vite donc, l'arrivée de l'édition numérique va fragiliser le distributeur. La situation n'est pas plus favorable du côté des libraires, dont la marge est comprise entre 1 à 3 %, avec des frais fixes (loyers et salaires) très importants dans la structure de leur compte de résultat. Dès lors, une baisse marginale du chiffre d'affaires (de 3 % à 7 %) de la librairie liée aux évolutions du mode de consommation de l'écrit et aux prix trop élevés du livre imprimé fera basculer la majorité des librairies en perte structurelle. C'est donc leur disparition qui est programmée par l'arrivée des offres d'ouvrages numériques.
Or le livre est un marché de l'offre. Il ne se vend que s'il est vu par le lecteur dans le point de vente. Il y aura donc un effet de contraction supplémentaire du marché du livre avec la disparition des petites librairies, qui n'exposeront plus les livres. Le cercle vicieux s'installera sur toute la chaîne du livre française et la loi sur le prix unique, qui devait protéger la densité du réseau de librairies en France, risque de devenir son fossoyeur.
Le livre disparaîtra du paysage des petites villes pour subsister tant bien que mal dans des points de vente offrant des superficies d'au moins 600 à 1 000 m² pour être rentables, tout comme le disque a disparu des rayons des magasins. A terme donc, peu de librairies, une concentration des distributeurs qui n'empêchera pas une chute des profits des groupes d'édition, un livre imprimé qui coûtera de plus en plus cher car il sera devenu rare, et son transport représentera un coût unitaire prohibitif, et donc des ventes de livres encore plus réduites.
Il est temps que l'édition française réagisse et se remette en cause. Messieurs les dinosaures, pardon, les éditeurs, un peu d'imagination et de créativité, faute de quoi un autre monde se mettra en place sans votre présence !

Source de la photo.

vendredi 13 mars 2009

Grâce à « Dépannage Mac » un lecteur pour Radio Adamantine est désormais disponible sur ce site


Grâce aux conseils de Dépannage Mac, Radio Adamantine est désormais écoutable depuis ce site sans passer obligatoirement par votre lecteur audio... c'est le pop que vouus venez de vous prendre, ou que vous pouvez déclencher en haut de la colonne de gauche... Bonne écoute et faites-moi par de vos remarques.

mercredi 11 mars 2009

Je cherche un petit malin en programmation (ceux qui comprendront ce message sauront de quoi je parle)


Alors voilà : j'ai passé près de 30 heures à chercher partout (vraiment partout) comment créer un player de flux .m3u icecast directement sur un site web avec ou non la fenêtre en pop up (en pop up comme par exemple ici ça serait mieux) et je ne trouve pas.
J'ai créé une webradio qui est VACHEMENT BIEN (vraiment) et mérite d'être connue mais émet par Nicecast de Rogue Amoeba + Itunes. L'IP est fixe via DynDNS. L'adresse du flux, qu'il faut entrer dans son player audio (Winamp, Itunes, genre...) est celle-ci : http://adamantine.office-on-the.net:8000/listen.m3u
Le problème est que le flux à lire est donc du m3u icecast et c'est un problème car il n'y a pas de player ptous faits pour ça. Les broadcasters gratuits, sans doute saturés, ne me référencent pas (type Radionomy, Sbobzik et j'en passe...). Bref, qui peut me déveolopper ça (codes à insérer sur le site), contre rémunération ? >Faire offre ici....

J'adore les aquariums




samedi 7 mars 2009

Playing for change : peace through the music

Une belle idée... que des musiciens aux quatre coins du monde, dans la rue, jouent en même temps les mêmes blues. C'est Playing for change. Regardez la vidéo. La musique (et l'anglais!) langage universel, plus que jamais et parce qu'on vaut bien mieux que ce qu'on nous dit, et qu'on veut vraiment autre chose, hein...
(Merci Bruno).

jeudi 5 mars 2009

Soirée "Appel d'air", vendredi 6 à Paris

Il y a un an et demi, j'ai participé à un recueil nommé "Appel d'air", lancé par des écrivains de science-fiction (infos et vidéos de lectures de ce recueil à partir de ce lien) ; recueil prévenant des futurs qui nous attendent si un certain Sarkozy viendrait à être élu...
La moitié des bénéfices des ventes devait être reversée à RESF. Un an et demi après, près de 600 euros vont être donnés à cette association (et chaque auteur touche 18,52 €), car le recueil s'est vendu à près de 1000 exemplaires. Une belle réussite pour la structure initiatrice, Actu SF.
Une soirée est organisée à l'ocasion de la remise du chèque à RESF le vendredi 6 mars dans le bar le Houla Oups, 4 rue Basfroi, 75011 Paris à partir de 19h en présence de Stéphane Beauverger, Charlotte Bousquet, Patrick Eris et Francis Berthelot.
Je ne pourrai hélas pas être présent, mais vous recommande ce petit événement.

Les auteurs "d'Appel d'air" : Jean-Pierre Andrevon, Stéphane Beauverger, Ugo Bellagamba, Francis Berthelot, Charlotte Bousquet, Lucie Chenu, Fabrice Colin, Alain Damasio, Thomas Day, Sylvie Denis, Catherine Dufour, Claude Ecken, Jean-Pierre Fontana, Johan Heliot, Sylvie Lainé, Markus Leicht, Li-Cam, Jean-Marc Ligny, Claude Mamier, Francis Mizio, Lise N., Simon Sanahujas, Olivier Tomasini, Roland C. Wagner, Vincent Wahl, Laurent Whale, Joëlle Wintrebert, Patrick Eris et Serge Lehman.

mardi 3 mars 2009

Ca m'a fait rire


Trouvé ceci dans une revue gratuite pour étudiants nommée "Cool Culture"... Si tout l'album est ainsi, voici un auteur à découvrir... Pauvre Blaise ! Il est mal barré.
(Cliquez sur l'image pour l'agrandir).

lundi 2 mars 2009

dimanche 1 mars 2009

Lettre de Cesare Battisti, distribuée à chacun des onze juges du Tribunal Suprême et lue au Sénat brésilien en séance plénière

Lettre très importante de Cesare Battisti, distribuée à chacun des onze juges du Tribunal Suprême et lue au Sénat en séance plénière par le Sénateur Eduardo Suplicy.

LETTRE DE CESARE BATTISTI AUX ONZE JUGES DU TRIBUNAL SUPRÊME FÉDÉRAL

A leurs Excellences Messieurs les Ministres du Tribunal Suprême Fédéral
Gilmar Mendes, Président, Cesar Peluzo, Vice-Président, Celso de Mello, Marco Aurélio, Ellen Gracie, Carlos Britto, Joaquim Barbosa, Eros Grau, Ricardo Lewandowski, Carmen Lúcia, Menezes Direito

Je me permets de m’adresser à Vos Excellences avec la conviction que, pour la première fois, je pourrai être pleinement entendu par la haute Cour de ce pays, pour dire aussi pourquoi je ne pus jamais faire valoir ma défense au cours des procès antérieurs où je fus jugé. Je veux dire la vérité de mon histoire, et éclairer les épisodes concernant les terribles accusations qui sont lancées contre moi.

En Italie, je n’eus jamais la possibilité de me défendre. Jamais un juge, jamais un policier ne me posa une seule question sur les homicides commis par le groupe auquel j’appartenais, les Prolétaires Armés pour le Communisme, les PAC. Jamais la justice italienne n’entendit mon témoignage. Jamais un juge ne me demanda : « Avez-vous tué ? » Aujourd’hui, trente ans plus tard, pour la première fois de ma vie, j’ai l’occasion de m’expliquer devant une justice, la justice du Brésil. Et je crois sincèrement en le sérieux et la conscience de cette justice. Je remercie beaucoup par avance Vos Excellences d’écouter ma parole.

J’ai grandi dans une famille communiste très militante. Mon père et mes frères m’entraînèrent très jeune dans l’action politique. A l’âge de dix ans, mon père m’emmenait déjà crier des slogans de révolte dans la rue. Mais à l’âge de 17 ans, je compris que l’homme dont le portait était affiché à la maison était celui de Staline, et je le jetai par la fenêtre. Cela déclencha une crise politique avec mon père, et je quittai ma famille pour rejoindre la rue, avec les centaines de milliers de personnes qui se révoltaient depuis 1968 contre le binôme de la politique italienne : « Démocratie chrétienne – Parti communiste, DC-PCI ». J’appartenais alors à groupe de jeunes « autonomes » qui vivait dans une communauté. Nous étions des militants non armés. Il est parfaitement vrai que, pour financer notre activité militante, les tracts etc., nous avions recours aux vols. Pour enjoliver ces délits, qui furent extrêmement nombreux à cette époque en Italie, tous les jeunes gens appelaient ces actions, non pas des « vols », mais des « réappropriations prolétaires ». Et je dois avouer que je détestais ces actions, simplement parce que j’avais peur. Cette peur persista pendant toute mon action militante, et j’y reviendrai.

Ce fut à cause d’une de ces « réappropriations prolétaires », réellement due à notre vie de militants sans argent, que je fus emprisonné pour la première fois. En prison, je rencontrai un homme plus âgé que moi, Arrigo Cavallina, qui appartenait à un groupe de lutte armée, les PAC. Je n’aimais pas sa personnalité à la fois froide et enfiévrée, mais j’étais très impressionné par sa culture et par ses théories révolutionnaires –même si je ne comprenais pas tout ce qu’il disait. Quand je fus libéré, en 1976, je retournai à ma communauté : c’était devenu un désert. Certains camarades étaient morts, tués par les policiers dans les manifestations. Les autres étaient ravagés par la drogue. A cette époque, de grandes quantités de drogue à bon marché furent distribuées massivement dans toutes les grandes villes pour casser le mouvement de révolte. Puis les livraisons furent suspendues, et tous les jeunes qui étaient tombés dans ce piège de l’héroïne étaient devenus des fantômes en état de manque, ne pensant plus qu’à trouver de la drogue, et non pas à l’action politique. Effaré par ce spectacle, je commis la grande erreur de ma vie : je pris un train pour Milan et j’entrai dans le groupe armé des PAC. Sans comprendre à l’époque que, là aussi, je tombai dans un piège fatal.

Le chef militant de ce groupe était Pietro Mutti. Arrigo Cavallina était également important. J’ai longuement décrit l’étrange personnalité de Pietro Mutti dans le livre que j’écrivis au Brésil durant ma fuite : « Ma cavale ». Cet ouvrier avait eu de graves problème de drogue, et il en était sorti grâce à l’action politique. Cela faisait de lui un fanatique, une véritable machine de guerre. Malgré son caractère très renfermé, nous devînmes amis. Mais Pietro Mutti me surveillait sans cesse, pour voir si j’étais « à la hauteur », et j’essayais de l’être. Les PAC étaient spécialisés sur l’action sociale et l’amélioration des conditions carcérales. Le groupe commettait régulièrement des actions d’appropriation des banques, pour assurer son financement, et aussi des actions sur les lieux de « travail au noir », de travailleurs sans papiers. Cela, oui, je le fis.

Tout cet activisme militant, je ne l’ai jamais nié. Pietro Mutti avait parfaitement senti ma peur, au cours de des « actions obligatoires » que je détestais toujours. Nous étions armés –même si une bonne partie des armes ne fonctionnait pas. Je craignais toujours que l’un des camarades ne tire sur le gardien de la banque, si ce gardien portait la main à son arme. J’avais mis au point une technique pour éviter cela : je me jetais à mains nues sur le gardien et je le mettais au sol par surprise, car je savais que, une fois à terre, personne ne tirerait sur lui. Je fis cela de nombreuses fois. Je raconte cette petite histoire, qui peut paraître anecdotique, pour vous assurer, Messieurs les Ministres, que je ne suis en aucun cas un « homme sanguinaire », comme il a été écrit sans cesse, mais le contraire. Vos Excellences peuvent aussi demander à mes frères, Vincenzo et Domenico, comment je réagissais quand j’étais jeune et qu’ils tuaient un animal à la ferme, ne serait-ce qu’un poulet. Cette aversion pour le sang ne diminue jamais dans la vie d’un homme. Au contraire, elle s’accroît. Et je n’ai jamais tué ni voulu tuer personne.

Je souhaite dire à Vos Excellences ce que je sais des quatre homicides dont je fus accusé en mon absence, sur des allégations diverses. Les accusations disent que j’aurais commis les assassinats de Santoro et de Campagna, que j’aurais été complice, sur place, dans le cas de la mort de Sabbadin, et que j’aurais organisé l’action qui tua Torregiani, tués le même jour que Sabbadin.

Vous savez, Messieurs les Ministres, que je fus arrêté en 1979 avec d’autres militants clandestins et que je fus jugé en Italie au cours du premier procès des PAC, où j’étais présent. Il y eut de nombreux cas de tortures pendant ce procès, avec le supplice de l’eau, mais je ne fus pas moi-même torturé. Pas une fois au cours de ce procès on ne me posa une seule question sur les homicides. Les policiers savaient parfaitement que je ne les avais pas commis. Je fus donc condamné en 1981 pour « subversion contre l’ordre de l’Etat », ce qui était vrai et que je ne niais pas au procès. Je fus condamné à 13 ans et six mois de prison, car à cette époque les peines, selon les nouvelles lois d’urgence, étaient multipliées par trois pour les activistes. Ce temps fut réduit à 12 ans.

Mon procès, le seul vrai procès auquel j’eus droit en Italie, était terminé. J’étais dans une de ces « prisons spéciales » qui avaient été construites pour nous, qu’on appelait « les terroristes ». Pour preuve que la justice italienne reconnaissait mon innocence, à cette époque, concernant les accusations, d’homicides, je fus transféré dans une prison pour « ceux dont les actes n’ont pas causé la mort ». Mais le procureur Armando Spataro, qui dirigeait le système des tortures pour la région de Milan, continuait de m’incommoder, et il bloqua ma correspondance avec ma famille. J’appris avec trois mois de retard, par une visite de ma sœur, que mon frère Giorgio était mort dans un accident du travail. Le choc fut pour moi immense. Cela, et le fait que, tous les jours, à la promenade, des prisonniers disparaissaient sans raison, puis revenaient des mois après, abrutis et muets, ou ne revenaient pas, me fit prendre conscience que les lois ne seraient jamais normales pour nous. C’est à cause de cela, et seulement de cela, que je pris la décision de m’enfuir. Et non pas pour « fuir la justice », puisque mon procès était terminé. Je m’évadai le 4 octobre 1981 et je laissai des blanc-seings à mes anciens compagnons, en cas de procès pour mon évasion. Je passai en France. Avant d’aller, en 1982, au Mexique. C’est pourquoi j’ignorai complètement que la justice italienne lançait un nouveau procès contre les PAC, ce fameux procès en mon absence où je fus condamné à la perpétuité, avec privation de la lumière du jour. Cela, à ma stupeur, je l’appris en revenant en France, le jour même où j’appris le décès de mon père, survenu deux années auparavant. Ce fait, la perte de mon père, fut bien plus important qu’une quelconque décision de justice, et je pensai que jamais un juge consciencieux ne pourrait prendre au sérieux un procès comme celui-là.


Il me faut reprendre mon histoire en 1978, quand j’étais encore membre des PAC. S’il vous plaît, Messieurs les Ministres, je vous prie de me pardonner d’être long, mais c’est la première fois, je le répète, que je peux m’expliquer devant une justice digne de ce nom, et je souhaite dire à Vos Excellences tout ce que je sais. En mai 1978, j’appris, comme tous les Italiens et le monde entier, l’enlèvement et l’assassinat d’Aldo Moro par les Brigades Rouges. Je regardais, horrifié, cette image du coffre de la voiture –une 4L- à la télévision. Je peux dire que, ce jour-là, je devins un autre homme. Il y a dans ma vie un « avant Aldo Moro » et un « après Aldo Moro ». Ce jour-là, je ressentis deux choses : l’horreur que m’inspirait cet acte, l’écœurement devant tout ce sang versé de tous côtés. Je compris aussi que l’usage des armes était un piège où l’extrême gauche était tombée. Je décidai ce jour-là de rompre avec la lutte armée, définitivement. Dans toute l’Italie, la mort d’Aldo Moro suscita d’énormes discussions au sein de tous les groupes armés. Concernant les PAC, nous décidâmes d’un nouveau mot d’ordre, selon lequel nous portions des armes pour nous défendre, mais jamais pour agresser des personnes. Stupidement, je fus rassuré par cette décision, votée à la majorité. Mais un mois plus tard, en juin 1978, un groupe autonome des PAC, dirigé par Arrigo Cavallina et commandé par Pietro Mutti, sans consulter la totalité des membres responsables, tua le chef des agents pénitenciaires, Santoro. Il y eut aussitôt une réunion, très agitée. Pietro Mutti et Arrigo Cavallina défendaient cet homicide avec une grande vigueur. Ce jour-là, je quittai le groupe, avec une bonne partie des membres les plus anciens, qui s’opposaient comme moi à toute attaque contre des personnes. Pietro Mutti fut furieux contre moi, il estimait que je le trahissais.

Je rejoignis alors ce qu’on appelait un « collectif de groupes territoriaux ». Egalement armé, mais non offensif. Je vivais avec beaucoup d’autres clandestins dans un vieil immeuble de Milan. Nous savions presque tout ce qui se passait et se disait dans la ville. Et c’est ainsi que, au tout début de l’année 1979, nous sûmes que les PAC préparaient une action contre des hommes d’extrême droite qui pratiquaient l’auto-défense, qui étaient toujours armés (une sorte de milice). Je ne savais pas qui était la personne visée, et je ne savais pas qu’en réalité les PAC avaient décidé de tuer deux justiciers d’extrême droite, Torregiani, à Milan, et Sabbadin, dans la région de Venise.

Je voulus empêcher ces actes sanglants, stupides et contre-productifs pour la révolte. Un véritable suicide politique, et une position indéfendable. Je demandai l’autorisation, au nom du « groupe territorial », de participer à une réunion des PAC, chez Pietro Mutti. J’y arrivai avec deux autres camarades. Il y avait là beaucoup de nouveaux membres que je ne connaissais pas, et qui avaient remplacé nos départs de l’année précédente. J’expliquai à Pietro Mutti et aux autres la stupidité et la folie de leur projet. Très vite, la réunion tourna mal, et le ton monta très haut. Les membres des PAC me dirent que je n’avais plus le droit de donner mon avis, puisque je n’appartenais plus au groupe, et la réunion se termina sous une forte tension. Je ne savais pas qui devait être tué. Environ un mois plus tard, ou moins, j’appris par les journaux que Torregiani avait été assassiné et que, pendant l’attaque, une balle du revolver de Torregiani avait touché son propre jeune fils, Alberto. Je me souviens que je suis resté pétrifié sur le trottoir, à regarder le journal. J’appris aussi qu’un autre membre de la milice avait été tué le même jour dans la région de Venise, Sabbadin. Je fus choqué, et aussi honteux, très perturbé, parce que j’avais appartenu à ce groupe, qui était devenu meurtrier.

Et deux mois après, en avril -mais je ne me souviens pas de la date- un policier de la Digos, Campagna, fut tué à son tour. Le Sénateur Suplicy m’a demandé si j’avais des alibis pour les dates de ces homicides. Mais je pense que vous pouvez comprendre, Messieurs les Ministres, que, déjà, ne les ayant pas commis, je suis incapable de me souvenir des dates de ces crimes. En plus, nous vivions cachés dans des appartements, et les journées étaient vides, interminables et toutes semblables. Il m’est impossible de me souvenir, trente ans plus tard, où j’étais à ces dates, certainement dans l’appartement, que nous ne quittions pratiquement jamais.

Puis, à l’automne, il y eut une grande opération dans le nord de l’Italie, et je fus pris avec tous les occupants de l’immeuble. Oui, il est exact qu’il y avait des armes sur place, mais la justice italienne elle-même établit, par une expertise balistique, qu’elles étaient toutes vierges, et qu’aucune d’entre elles n’avait jamais été utilisée pour tirer un seul coup de feu.

La plupart des faits que je raconte maintenant, je ne les ai pas vécus, puisque j’étais au Mexique. Je les appris en 1990, en France, quand je fus informé du contenu du deuxième procès, qui commença avec l’arrestation de Pietro Mutti, en 1982. Je sus, en France, que Pietro Mutti avait été torturé, et qu’il s’était constitué « repenti », qu’il avait accepté de collaborer avec la justice italienne en échange de sa liberté et d’une nouvelle identité. Je sus qu’il avait été accusé, sur la base d’enquêtes de police, d’avoir tiré sur Santoro et qu’il m’accusa à sa place. Au cours de ce long procès, Pietro Mutti fit tellement d’accusations qu’il se trouva souvent confondu dans ses déclarations impossibles ou contradictoires. Par exemple, pour sauver son amoureuse, il accusa une autre femme, Spina, d’être la complice dans l’attentat contre Santoro. Mais en 1993, la justice fut obligée de reconnaître l’innocence de Spina, et de la libérer. Je n’ai pas les documents avec moi, et je dois dire que l’écrivain et chercheur française Fred Vargas connaît beaucoup mieux mon procès que moi-même. Mais je sais que, en 1993, je crois, la justice elle-même remarqua que, par ses actes et par ses paroles, Pietro Mutti était « un habitué des jeux de prestidigitation » et qu’il donnait souvent le nom d’une personne à la place d’une autre. A part la torture, la seule excuse qu’on peut trouver à Pietro Mutti pour s’être prêté à ses terribles et fausses accusations, c’est qu’il a suivi une règle : protéger les accusés présents en posant la faute sur le dos des absents. Comme quand il accusa Spina, jusqu’à ce qu’elle soit reconnue innocente en 1993.

Mutti ne fut pas le seul repenti accusateur. Je souhaite expliquer à Messieurs les Ministres que, à cette époque, pendant les procès des années de plomb, le système des tortures et des « repentis » fut utilisé couramment (voir les rapports d’Amnesty International et de la Commission européenne), et avec une intensité particulière par le procureur Spataro.

Nous savions tous que c’était une chose terrible que d’avoir Spataro comme procureur. Le système des « repentis » ne fonctionnait pas sur l’unique témoignage d’un seul homme. Il fallait obtenir d’autres « témoignages » de repentis pour que l’accusation soit « confirmée » et paraisse solide. Il y eut donc d’autres membres des PAC qui m’accusèrent avec Pietro Mutti, comme Memeo, Masala, Barbetta, etc. Tous étaient des repentis ou des « dissociés », et tous gagnèrent des réductions de peine, ou la liberté immédiate, ou évitèrent la prison à perpétuité : par exemple, Memeo, celui qui tua Torregiani et Campagna, Cavallina, l’ « idéologue » des groupes des durs, Fatone, Grimaldi, Masala, qui firent partie du commando contre Torregiani, Diego Giacomin, qui exécuta Sabbadin. Tous ceux-ci obtinrent leur liberté en échange de la confirmation des dires de Pietro Mutti. Quant à la mort de Santoro, j’ai déjà raconté la réunion qui s’ensuivit, et qui décida mon départ du groupe. Je sais seulement qu’Arrigo Cavallina et Pietro Mutti défendirent ardemment ce crime pendant cette réunion, et que la police les accusait de l’avoir commis.

Je n’appartenais plus au groupe quand eurent lieu les trois autres assassinats, et mes connaissances précises sont donc limitées. Mais les médias qui m’accusent sans cesse, volontairement, d’avoir « tiré sur Torregiani » et, même, d’avoir « tiré sur son fils », savent bien que c’est totalement faux. La justice italienne reconnut que les quatre hommes du commando étaient Grimaldi, Fatone, Masala et Memeo, qui tira sur le joaillier. Et ce fut aussi la justice qui confirma que la balle qui blessa le fils, Alberto, provenait du revolver de son père. Je crois que, au début, Mutti m’accusa de ce crime. Mais comme il m’accusait aussi de l’homicide Sabbadin, commis le même jour à des centaines de kilomètres, il dit que j’étais « l’organisateur ». J’ai déjà exposé ce qui se passa à la réunion quand je tentai d’empêcher cette action. Quant à Sabbadin, Giacomin (sous-chef pour la région de Venise) avoua avoir tiré sur lui. Comme Mutti avait d’abord donné mon nom comme « tireur », il me transforma, après les aveux de Giacomin, en chauffeur, placé à l’extérieur. Sauf que, même ainsi, cela ne fonctionna pas, car il apparut ultérieurement que le « chauffeur » était une femme. Messieurs les ministres, je ne sais même pas où se trouve le village où fut tué Sabbadin.

Enfin, je sais que Mutti m’accusa encore d’avoir tiré sur Campagna. A l’époque, je ne sus rien sur la préparation de ce crime, pas plus que sur celui de Sabbadin. Ce que je sais, c’est qu’un témoin oculaire décrivit l’agresseur comme un homme très grand, de 1,90 m, alors que je mesure vingt centimètres de moins. Le reste, c’est l’écrivain et chercheur Fred Vargas qui me l’a expliqué : la balistique prouva que la balle venait de l’arme de Memeo, celui qui tira sur Torregiani, et qu’un témoin dit qu’il avait cru comprendre des paroles de Memeo que c’était lui qui avait tiré. Mais ce témoin est peut-être un repenti, et je n’ai pas de certitude sur le responsable de la mort de Campagna.

Je ne suis responsable d’aucun des homicides dont je suis accusé, Messieurs les Ministres. Je fus constamment utilisé au procès comme un bouc émissaire par les repentis. La meilleure preuve que je dis la vérité est que des faux mandats furent fabriqués –comme une expertise graphologique l’a prouvé- pour que les avocats Gabriele Fuga et Giuseppe Pelazza me « représentent » au procès en mon absence. Pour quoi faire ? Certainement pas pour me défendre, certainement pas pour mon bien, puisque je fus condamné à la prison à perpétuité, avec privation de la lumière du jour. Plus certainement pour rendre l’accusation contre moi plus acceptable et créer un scénario favorable à la plus dure des peines. Après tout ce temps écoulé depuis cette simulation de jugement, je ne savais pas qu’il existait des fausses procurations. Cette découverte, je la dois à Fred Vargas et à mon avocate française, Elisabeth Maisondieu-Camus. C’est Fred Vargas qui me l’apprit quand elle vint me visiter en prison en 2007 à Brasilia. Un ancien camarade (qui ? Pietro Mutti ? Bergamin ?) donna aux avocats les feuilles en blanc que j’avais signées en 1981, avant ma fuite. Deux de ces feuilles furent ensuite remplies en 1982, avec « mon » écriture, apparemment. Fred Vargas m’expliqua que le texte du vrai mandat que j’avais signé en 1979 fut copié deux fois, et que les deux textes sont superposables par transparence, alors qu’ils ont été écrits à deux mois d’intervalle, « datés » de mai et de juillet 1982.

Une expertise française a prouvé, en janvier 2005, que les trois signatures des trois mandats ont été effectuées au même moment et que, par exemple, le texte du mandat de 1990, supposé envoyé du Mexique (mais l’enveloppe n’existe pas) a été tapé à la machine au-dessus de ma signature vieille de neuf années. L’expertise a prouvé aussi que les dates ne furent pas écrites de ma main, de même que l’écriture sur les enveloppes des deux premiers « mandats ».

Quand mes avocats français apprirent cela, ils le communiquèrent immédiatement, en janvier 2005, au Conseil d’Etat français. Ils effectuèrent cette démarche parce que la France n’a pas le droit d’extrader un condamné en son absence, s’il n’a pas été pas informé de son procès. Ces trois faux mandats prouvaient que je n’avais pas été informé (si oui, j’aurais écrit les mandats moi-même). Très malheureusement, le Conseil d’Etat, soumis à la volonté du Président Jacques Chirac, refusa d’examiner la fausseté des mandats. Ils acceptèrent l’extradition en affirmant que j’avais été « informé et représenté », comme si les mandats étaient vrais. Ensuite, mes avocats français présentèrent la preuve des trois faux documents à la Cour européenne, mais là encore ce fut inutile car, certainement, par une interférence du gouvernement français, comme on le comprend par la suite, la Cour européenne ferma les yeux, ignora la preuve de l’expertise, et assura que les mandats étaient vrais. Mon avocat français, Eric Turcon, m’informa à Brasilia que cette « Cour européenne » avait été constituée exclusivement de magistrats français, très liés à Jacques Chirac. Ce seul fait, Messieurs les Ministres, prouve que mon procès italien fut vicié, ceci étant un des éléments que reconnut le ministre Tarso Genro. Et que l’approbation de mon extradition par trois Cours françaises, et ensuite par la Cour européenne, fut à chaque fois fondée sur l’existence de ces procurations, qui sont absolument fausses, ce qui se voit à l’évidence à l’œil nu. Pourquoi ces Cours, informées de la fausseté de ces documents, ont-elles refusé de considérer ce point de la plus grande importance ?

Le Secrétaire National de la Justice du Brésil, Romeu Tuma Jr., à la demande du Ministre de la Justice, Tarso Genro, a eu l'occasion d'examiner en détail les documents présentés par l'historienne et archéologue Fred Vargas, au cours d’une rencontre de deux heures, en compagnie du Sénateur Eduardo Suplicy, documents qui mettent en évidence la falsification des procurations, accompagnés de l’expertise technique officiellement reconnue, effectuée par une responsable des études de graphologie en France, Mme Evelyne Margane. Il serait très important que Vos Excellences puissent elles aussi examiner ces preuves avec attention, car elles ont beaucoup contribué à fonder la décision du ministre Tarso Genro. Pour cette raison, je joins à cette lettre les documents soumis par la chercheur Fred Vargas au Dr Romeu Tuma Jr. et acheminés au Ministre Tarso Genro, qui montrent l'évidence de la falsification des procurations et expliquent le détail des conclusions de la Justice italienne à mon endroit. Je dis que tous les témoins enrôlés qui racontèrent que j'aurais participé aux quatre assassinats bénéficièrent de la « délation première», avec, en conséquence, une diminution de leurs peines et/ou leur libération. M. Walter Fanganiello Maierovitch affirme dans ses articles que la justice italienne n’accepte pas la déposition d'un « repenti » qui utilise la délation première, s'il advient qu’il ne dit pas la vérité. Pourtant, la justice italienne elle-même n'a pas invalidé la dénonciation faite contre moi par Pietro Mutti, en dépit des contradictions que j’ai déjà signalées. Je vois aussi que, dans l’interview donnée par Pietro Mutti à la revue « Panorama », sur laquelle s'est basée la revue « Veja » pour conclure que j’étais coupable des quatre assassinats, contrairement à ce qu’on pouvait comprendre, il n’y a pas de photo récente de Pietro Mutti. La photo qui est publiée date du temps où nous étions ensemble, et ses mots sont exactement les mêmes que ceux qu’il prononça à l’époque de sa dénonciation. De mon côté, je suis prêt à confirmer en personne tout ce que je dis devant Vos Excellences. De même que je suis prêt à affirmer aux parents des quatre victimes, les yeux dans les yeux, que je n'ai pas tué leurs êtres chers. Je sais que la justice du Brésil prendra en considération tous les éléments qui, mis ensemble, prouvent mon innocence et la manière effrayante dont je fus utilisé comme bouc émissaire pendant ce procès italien si lourd d’imperfections. La colère disproportionnée de certaines parties de l’Italie découle, en grande partie, du fait qu’elles ne veulent pas, ou qu’il ne leur convient pas, de reconnaître que mon procès fut totalement faussé, comme tant d’autres de cette période (il y eut 4 700 procès contre l’extrême gauche pendant les années de plomb).

J’espère, Messieurs les Ministres, que vous m’entendrez, malgré l’attaque irrationnelle et démesurée des éléments les plus influents d’un pays –l’Italie- contre moi. Sur ma vie et sur mon honneur, je peux affirmer que j’ai toujours lutté contre les atteintes physiques pendant la révolte italienne et je n’ai jamais attenté à la vie des personnes. Ceci est la vérité, qu’aucune preuve ne dément.

Je vous prie de recevoir, Messieurs les Ministres, l’expression de mon respect et de ma très haute considération,

Cesare Battisti

Texte de quelqu'unes des chansons entendues sur la vidéo :

Berlusconi, tirez vos mains de lui.
Berlusconi, tirez vos mains de lui.
Berlusconi, tirez vos mains de lui.
Berlusconi, tirez vos mains de lui.

Olga Benário a été livrée à terreur
Et beaucoup d’autres la dictature a fauché
Notre vie n’est pas une affaire, voilà,
C’est qui la Cour pour livrer Battisti

Je veux la joie de vivre, puisque le rêve n’est pas mort !
Vive la liberté encore à être jouie !

Ce sont les médias qui comme des lâches ont agi
Ils ont crée un monstre et Gilmar* a accompagné la vague
Ce jeu de cartes truqués ne va pas marché
Il faut en finir avec cette mise en scène.

*Gilmar Mendes, le président de la Cour suprême fédérale brésilienne