jeudi 9 avril 2009

Compter les flamants roses




L'impeccable Anne-Lulu vient de m'envoyer cet article (cliquez dessus pour agrandir) qu'elle a déniché je ne sais où et qui m'amuse. D'abord parce qu'il y a des entreprises humaines qui me fascinent : on y apprend qu'auparavant il fallait compter les flamants roses à la main et à la loupe, mais que, désormais, un logiciel le fera. Encore un petit boulot passionnant qui disparaît, victime des nouvelles technologies. Dans mon bouquins sur les araignées d'eau (gerris gerris), j'avais imaginé la difficulté depuis des siècles qu'il y avait à compter ces bestioles et toutes les méthodes qui avaient été tentées à travers l'histoire pour y parvenir : la boucle est bouclée, car si on peut désormais compter les flamants, on pourra dénombrer les gerris. Mine de rien, cela fait donc partie de ces petites nouvelles qui nous conforte dans l'avancée, malgré tout, de ce monde et nous remet un petit coup de stimuli à notre foi déclinante dans le progrès.
J'appelle toutefois ici -ce n'est pas une curiosité malsaine de ma part- aux personnes qui auront eu comme job dans leur vie de compter des flamants avec une loupe et un stylo sur une photographie floue à venir témoigner ici. Je pense que cela peut être bénéfique à la communauté : leur tâche menée dans l'ombre, peu reconnue, le sera enfin (compter les flamants est important d'un point de vue écologique, de protection et de surveillance de l'espèce) et par ailleurs leur vécu de compteur de flamants sera à n'en pas douter d'un enseignement de l'ordre du vertige métaphysique, que, je sais, bande de pervers polymorphes que vous êtes fascinés par l'absurdité buzzatienne de ce monde, ne demandez qu'à savourer.
Enfin, s'il y en a qui ont eu à compter les flamants non pas sur une photo figée, mais avec un calepin et un crayon depuis une mongolfière, surtout, surtout, qu'ils nous le racontent...