dimanche 31 août 2008

Une représentation en pixel art du Web 2.0

Trouvé ceci sur le site "Heuristiquement"", avec ce texte :
EBoy est un collectif d'artistes allemands actif dans le courant appelé "pixel art". Le pixel art est un style d’illustration inspiré des premiers jeux vidéos. Afin de représenter ensemble les différents services du Web 2.0 tels que Youtube ou Blogger, rien de mieux que de les mettre en scène dans une ville imaginaire. Cliquer sur l'image pour l'agrandir et retrouver les services Web 2.0 les plus connus.

Cliquez sur l'image (excellente) pour la voir en grand et demandez-vous en regardant cette ville invivable où est le Web libre, indépendant, sans spams, sans pub,... ? Enfin, "ce truc qu'on appelait le Web", comme m'a dit un jour David Dufresne en 1998, phrase prémonitoire (et déjà tardive à l'époque) qui alors m'a marqué.
En fait il m'a dit un jour de 1998, peu avant que je quitte Libération après avoir participé avec lui au fameux cahier multimédia (lui avait déjà abandonné "La Rafale" et le trip web indé avec le logo à mitrailleuse) : "Un jour prochain, on sera comme deux vieux cons sur un banc, et on se dira : tu te souviens de ce truc qu'on appelait le Web ?".
J'ai éclaté de rire. Tellement bien vu (et rétrospectivement toutefois alors prévisible alors, hein...)

samedi 30 août 2008

Des légendes qui me font éclater de rire

What the hell is PETA protesting now?

After seeing this, the animal control department
unanimously decided that something
must be done about the squirrels.


Anthrax, The Musical.

Warning… do not keep mentos in your car when parked that close to a Coca-cola truck

Bon allez je vous le dis : ça vient de Cracked.com ce sont des “craptions” (conneries). C’est très drôle parfois, il y en a des milliers. On peut passer des heures à lire cela. De l’humour à la Gary Larson : ils font des concours de légendes, semble-t-il.

Ma rentrée sur Bibliobs...

Avec une parodie clin d'oeil à cette tarte à la crème de "Millénium". Il y a un problème de moucherons dans Paris. C'est ici et c'est très fin, hahaha, forcément.

vendredi 29 août 2008

Des coïncidences...

Alors que j'écris actuellement un livre pour Gallimard Jeunesse qui sera une anthologie de portraits de "grands rebelles", je lisais hier la vie très émouvante de Martin Luther King Jr, afin de rédiger mon texte aujourd'hui -ce que je suis en train de faire. Or, hier, c'était le 45e anniversaire du célèbre "I have a dream" et le discours très lyrique mais "vibrogène" de Barack Obama. Voilà, simple coïncidence, totalement involontaire un peu étonnante. Et n'empêche du coup je me laisse aller à une sensiblerie. Tenez, j'ai même le vent de l'Histoire dans les cheveux.
Le discours d'Obama est traduit sur Rue89. Pfff, c'est bien, c'est beau, et ça filerait de l'espoir. Il en impose ce type... Pour le reste, on verra, hein, c'est sûr.

(Ma photo avec des flamants américains et cet "happy 46th birthday", c'est pas une autre coïncidence ça ? La vaaaache, je vais finir mystico-gélatineux !)

mercredi 27 août 2008

"L'insurrection qui vient", par le Comité invisible (Ed. La Fabrique)

Il y a des livres politiques qui frappent au plexus, par leur ton imprécateur, par leur radicalité, leur assurance... et leur effrayante justesse. Celui-ci en est. De ces livres qui se refilent par le bouche-à-oreille. Celui-ci m'a été conseillé par un ami, Dominique. En l'ouvrant, je me suis dit : bon, ça me dit quelque chose, j'ai déjà lu ça, c'est du Jaime Semprun, du René Riesel, du Zerzan ou du Vaneigem, ou autres habitués de "L'Encyclopédie des nuisances". J'ai cru d'ailleurs dès les premières pages l'avoir déjà lu. Et puis non : si c'est bien la même école, c'est très fort, très bien vu, très troublant, très particulier car il semble rejeter les hypothèses écologistes, bio machin et durablodéveloppatoires qui moi aussi me gonflent avec leur côté morale religieuse. Et ce n'est pas non plus néo-luddite. Qui est donc ce "Comité invisible" qui écrit si bien ? Des néo-blanquistes ?
La fin, qui traite de la reconstruction après l'insurrection par groupes clandestine et nécessaire, mix d'utopie pirate, de TAZ citoyenne, et de stratégie anarchiste par communes est plutôt convaincante, assez inédite (aujourd'hui en tout cas), mais utopique (ce qui n'est pas un reproche) et a des relents d'appel à la révolution armée communarde et souterraine. Reste le constat indéniable qui constitue l'argument premier du livre... constat qu'il faudrait mettre tout à terre car tout se barre visiblement en sucettes, et qui, lui, est remarquable.
A lire absolument !
(Tiens ça me fait penser qu'il faudrait enfin que je lise le kit Guerilla que j'ai acheté il y a 3 ans... Parlez d'un rebelle, pffff...)

Comme je suis par ailleurs une molle feignasse, je copie colle ici le commentaire de "maréchal" qui se trouve sur Amazon et qui est bien :

Chaque secteur spécialisé de la connaissance fait à sa manière le constat d’un désastre. Les psychologues attestent d’inquiétants phénomènes de dissolution de la personnalité, d’une généralisation de la dépression qui se double, par points, de passages à l’acte fou. Les sociologues nous disent la crise de tous les rapports sociaux, l’implosion-recomposition des familles et de tous les liens traditionnels, la diffusion d’une vague de cynisme de masse ; à tel point que l’on trouve dorénavant des sociologues pour mettre en doute l’existence même d’une quelconque « société ». Il y a une branche de la science économique - l’«économie non autistique» - qui s’attache à montrer la nullité de tous les axiomes de la prétendue «science économique». Et il est inutile de renvoyer aux données recueillies par l’écologie pour dresser le constat de la catastrophe naturelle. Appréhendé ainsi, par spécialité, le désastre se mue en autant de « problèmes » susceptibles d’une «solution» ou, à défaut, d’une «gestion». Et le monde peut continuer sa tranquille course au gouffre.
Le Comité invisible croit au contraire que tous les remous qui agitent la surface du présent émanent d’un craquement tectonique dans les couches les plus profondes de la civilisation. Ce n’est pas une société qui est en crise, c’est une figure du monde qui passe. Les accents de fascisme désespéré qui empuantissent l’époque, l’incendie national de novembre 2005, la rare détermination du mouvement contre le CPE, tout cela est témoin d’une extrême tension dans la situation. Tension dont la formule est la suivante : nous percevons intuitivement l’étendue de la catastrophe, mais nous manquons de tout moyen pour lui faire face.
L’insurrection qui vient tâche d’arracher
à chaque spécialité le contenu de vérité qu’elle retient, en procédant par cercles. Il y a sept cercles, bien entendu, qui vont s’élargissant. Le soi, les rapports sociaux, le travail, l’économie, l’urbain, l’environnement, et la civilisation, enfin. Arracher de tels contenus de vérité, cela veut dire le plus souvent : renverser les évidences de l’époque.
Au terme de ces sept
cercles, il apparaît que, dans chacun de ces domaines, la police est la seule issue au sein de l’ordre existant. Et l’enjeu des prochaines présidentielles se ramène à la question de savoir qui aura le privilège d’exercer la terreur ; tant politique et police sont désormais synonymes.
L’insurrection qui vient nous sort de trente ans où l’on n’aura cessé de
rabâcher que «l’on ne peut pas savoir de quoi la révolution sera faite, on ne peut rien prévoir». De la même façon que Blanqui a pu livrer les plans de ce qu’est une barricade efficace avant la Commune, nous pouvons déterminer quelles voies sont praticables hors de l’enfer existant, et lesquelles ne le sont pas.
Une certaine attention aux aspects techniques du
cheminement insurrectionnel n’est donc pas absente de cette partie. Tout ce que l’on peut en dire ici, c’est qu’elle tourne autour de l’appropriation locale du pouvoir par le peuple, du blocage physique de l’économie et de l’anéantissement des forces de police.
128 p./7 euros ISBN : 2-913372-62-7

Un polar paranoïaque (mais est-il impossible ?) avec simplement des images de Google Earth

Une réponse de Philippe Heurtel à mon message "10 000 livres pour moins de 7 euros, qu'en penser?"


Une réponse passée sur ma liste de discussion [listamizio]. Merci Philippe. Mon message précédent à l'origine de ce "débat" est ici.

Je suis d’accord avec ce qui est écrit. Quelques remarques, toutefois, et quelques réflexions.

D'abord, on ne peut comparer que partiellement avec l'industrie du disque. La musique s'écoute de la même manière qu'elle soit en mp3 (ou autres formats numériques de meilleure qualité), sur CD, à la radio, etc. Pas le livre – et je suis d'accord avec ton analyse, à quelques détails près.

Tu oublies l'imprimeur ; c'est une autre différence entre le livre et le CD : dans le cas du bouquin, la fabrication de l'objet lui-même rentre pour environ 20% dans le prix de vente ; fabriquer un CD ne coûte pas grand chose. En revanche, le CD a des coûts fixes de production (musiciens, location de studio…) non négligeables qui en augmentent le point d’équilibre, contrairement à l’édition dont la rentabilité commence dès lors à quelques centaines d’exemplaires vendus. Toujours est-il que le livre électronique élimine l’imprimeur du circuit, au moins dans les domaines que tu mentionnes.

Dans l'état actuel de la technologie, le livre électronique n'est intéressant que dans les cas que tu cites (ce qui fait déjà un paquet de pages). Egalement les dictionnaires et encyclopédies, qui sont par nature des ouvrages hyper-textuels. D’ailleurs, je n’aime pas consulter les dictionnaires papier, je trouve cela pénible ; je ne le fais que quand l'ordinateur est éteint, c'est-à-dire pas souvent ;-) . Ah, le jour où j'ai un eeePC, qui s'allume en 20 secondes... :-) ).

Mais prenons un peu de recul. on peut imaginer qu'un jour un livre électronique sera aussi pratique à consulter qu'un livre papier. Comment ? Je n'en sais rien, pas plus que l’informaticien lambda des années 50 n’imaginait la souris, le peer to peer, Wikipedia et le chauffe-tasse USB. Mais c'est juste un problème technique, donc il y a une solution technique, c'est une question de temps, d'imagination : il n'est pas du tout absurde d'envisager la fin du livre papier. Bien sûr, les vieux croûtons comme nous qui auront grandi avec des livres en papier entre les mains ne changeront pas. Mais la génération d'après ? L'attitude des gamins qui vont grandir avec la musique numérique constituera un laboratoire intéressant à cet égard. C'est maintenant que ça commence. On en reparle dans 10 ans ? :-)

Dans tous les cas, ce sont donc les métiers d'imprimeur de distributeur, de diffuseur qui sont directement menacés par le livre électronique. Et de libraire. Encore que le "vrai" libraire, celui qui lit, qui conseille, qui connaît les goûts de ses clients, ne devrait théoriquement pas être concerné (pareil en musique, d’ailleurs) car cette fonction de “ conseil ” ne dépend pas de la matérialité ou non de l’œuvre vendue. Je dis bien théoriquement car en pratique ce métier est déjà moribond, mais le livre électronique n’est pas en cause, ni dans le domaine de la musique le mp3, le problème date d’avant. Bref, auraient du mouron à se faire les “ libraires ” façon Fnac et Carrefour (je laisse les mauvaises langues ajouter “ alors c’est moins grave ” ;-) ). Mais quitte à spéculer (au sens science-fictif du terme, mais au sens kervielien), on pourrait imaginer le libraire du futur comme un agent qui vendrait du conseil, du service, et accessoirement du PDF.

Je referme la parenthèse science-fiction et revient au post de Francis. En revanche, je ne vois pas bien en quoi l'éditeur et d'auteur seraient fondamentalement menacés. J'enfonce une porte ouverte : il faudra toujours d'une part quelqu'un pour écrire les bouquins, et d'autre part quelqu'un pour accepter les tapuscrits (et surtout les refuser, ce qui est le premier rôle de l'éditeur ;-) ), aider l'auteur à aboutir son texte, etc. Oublions l'exemple des 10 000 bouquins à 7 euros, qui est particulier (les livres sont dans le domaine public : l'auteur n'existe plus, et les bouquins n'ont plus besoin d'éditeur, juste d'un quelconque moyen pour les rendre accessibles au public). Si la technologie (actuelle ou celle, hypothétique, mentionnée plus haut) peut faire baisser drastiquement le coût du livre en supprimant imprimeur, diffuseur, distributeur et libraire (à eux tous, ils représentent à la louche 75% du prix d'un bouquin), il reste la même chose à partager entre l'éditeur et l'auteur... du moins dans un monde idéal où l'auteur ne serait pas la cinquième roue du carrosse, mais c'est là un autre problème, livre électronique ou pas.

Une dernière réflexion spéculative sur l'avenir du livre papier et puis j'arrête : certaines réflexions sur l'économie durable évoquent l’émergence d’une économie basée sur l'usage des biens plutôt que leur possession. Etendue au domaine du livre, voilà qui laisse imaginer, non la disparition du livre papier, mais celle des bibliothèques privées : à quoi bon fabriquer de nombreux exemplaires qui ne seront lus chacun qu’une fois ou un nombre limité de fois ? (bien sûr, l’idée nous hérisse les poils, mais dans 50 ans ?). On retombe alors sur les débats d’il y a quelques années sur la gratuité ou non du prêt en bibliothèque et sur la rémunération de l’auteur. Qui sera le Beaumarchais du XXIè siècle ? ;-)

Philippe Heurtel

lundi 25 août 2008

"Mes vacances ratées avec Sarkozy", de Guillemette Faure (Ed. Ramsay)

L'adorable Guillemette Faure de Rue89 m'a donné ce livre, désabusée, en me disant : "De toute façon, il est périmé depuis le 15 août". Il s'agit en effet des vacances 2007 de Sarkozy à Wolfeboro avec Cécilia, Rachida et le petit Louis, entre autres. Il est vrai que de l'eau a coulé depuis sous les ponts de la com' et que la stratégie people/politique a changé. Hé pourtant non, ce petit livre n'est absolument pas dépassé : narrant comment Guillemette a vécu pour RTL et Le Figaro "la couverture" des premières vacances du survolté, il est à dévorer en une heure. Ce livre prend en vieillissant, outre son aspect journalistique absolument édifiant sur l'envers du décor médiatique (correspondants de guerre qui se demandent ce qu'ils fichent là, manip des médias ou de l'entourage, étranges modifications de l'information entre le terrain et les rédactions, bal des vanités, vulgarité et inculture crasse du président... et j'en passe) un côté fable moderne, hélas, proprement atterrante. Décidément, même si j'ai le plus grand respect pour les journalistes qui continuent d'en vouloir et d'aimer cela, je ne regrette toujours pas d'avoir quitté la profession. Bref, un bon bouquin "gonzo", drôle, acéré, pertinent et non, pas périmé du tout. Voire... A lire que l'on soit passionné par les médias et tout ce qui tourne autour de cet univers fou en roue libre ou par le déclin irrémédiable de la chose politique... ou parce que l'on veut simplement garder son esprit critique. Un reproche : le titre qui n'est pas des plus heureux et sonne bouquin opportuniste d'humoriste... alors que c'est un bon reportage backstage à la façon du magazine Rolling Stones. Choix de l'éditeur ?

dimanche 24 août 2008

10 000 livres pour moins de 7 euros : qu'en penser ?

Ca va être le grand flip chez les libraires et les éditeurs... et les auteurs. S'il est encore tôt d'estimer ce que tout cela va donner, l'offre de 10 000 livres pour 7 euros lisibles tous formats numériques est vertigineuse. Passé le grand moment de vide dans l'estomac (hé ! mon gagne-pain ! Je ne veux pas crever de déflation et de mévente comme l'industrie du disque !), mon avis reste celui que j'ai toujours tenu : ces appareils, et ces offres, seront surtout utiles aux étudiants (en lettres ou autres... tout Gallica sur l'appareil, avec recherche par mots clés et autres fonctions que je n'imagine même pas : extraordinaire !), aux chercheurs (ce qu'on appelle la "littérature grise" : imaginez l'ensemble des revues scientifiques par exemple sur votre lecteur)... en littérature, hormis donc les classiques immémoriaux et le domaine public introuvable, je doute.
Ca risque donc de morfler chez les libraires spécialisés en sciences humaines ou livres techniques, va taper dans le bizness de l'Harmattan qui s'est enrichi avec les thèses ou autres livres de peu d'audience mais pourtant utiles...
Une idée peut-être pour quand l'appareil sera meilleur marché : pourquoi ne pas passer le scolaire dessus, distribuer des lecteurs aux gosses et alléger les cartables, sinon les coûts de scolarité pour les institutions comme pour les parents ? De toute façon, les mômes seront un jour confrontés à ce type d'appareil.
Concernant la littérature, encore une fois, j'avoue ne pas y voir clair. Reste ma conviction liée au rapport charnel (et à l'aspect pratique) du livre depuis des siècles. Mais bon, camarades auteurs, il faudrait tout de même y réfléchir un peu...

lundi 18 août 2008

C'est du brutal et de l'élégant, mais ce n'est pas faux

Au fait ils sont où ses électeurs, à notre Berlusconi à nous ? Ca fait un bail que je n'en ai pas entendu un se vanter d'avoir voté pour lui. Lors des élections, les langues étaient plus déliées, même chez les ex-votants traditionnels pour la gauche PS...

"Chien fantôme" de Pierre Cherruau (Ed. Après la Lune)

En refermant Chien fantôme, l'avant-dernier roman de Pierre Cherruau (le dernier est son Poulpe chez Baleine, "Togo or not Togo", que je vais prochainement lire), j'avoue avoir été un peu perplexe, quoique intrigué. La structure est atomisée (ça, j'adore), le récit est polyphonique (avec peu d'indications, parfois, pour savoir qui parle), la forme est plurielle (articles de presse, extraits de journal, narration classique) et la résolution très embrouillée, presque incompréhensible, invraisemblable... Et puis, on comprend très vite que cet ouvrage qui se dévore (tant les articles sur les émigrants clandestins qui débarquent à Ceuta -lorsqu'ils ont de la chance- que bien des passages sur la vie des "toubabs" ou des Africains sont passionnants et frappent au plexus) a volontairement cette forme étrange et déconcertante. C'est forcément une volonté de l'auteur, qui maîtrise depuis un moment l'art du roman, que de nous communiquer le mystère et l'incompréhension de l'Afrique sans tomber dans le cliché -qu'il s'attache d'ailleurs de chasser en "parlant vrai". Il y a impossibilité, sans doute, de restituer la complexité africaine, l'esprit du continent teinté de surnaturel et de multiples réalités, de tracer rationnellement les liens entre les faits, les choses ou les gens ; lesquels ne sont forcément pas appréhendables à notre façon. Et l'on se dit qu'alors voici un roman très réussi.
J'ai toujours apprécié les romans de Pierre Cherruau (Néna Rastaquouère, Lagos 666, chez Baleine/Canaille, jadis) : celui-ci ne m'a pas déçu. Et au passage, on en aura appris des tonnes par ce spécialiste qui est chef du service Afrique à Courrier International.
Et c'est terrible...

samedi 16 août 2008

Eloge des escrocs africains spammeurs (paru sur Rue89)


Il y a peu encore, les escrocs africains, qui paraît-il pompent des fortunes au niveau mondial, jouaient sur la cupidité stupide du type qui voulait sa commission sur un rapatriement bancaire, vous envoyant des mails rédigés à partir de ce modèle : « Mon père est mort, l’argent est bloqué dans une banque, faites prête-nom pour moi, et Dieu vous garde, etc ».

Ce type d’arnaque, ai-je appris d’un ami, existait déjà du temps de Vidocq : on nommait cela les « lettres de Jérusalem ». Plus subtil désormais, ci-dessous ce nouveau type de pourriel que je viens de recevoir (je n’ai aucun « bien immobilier ») : il incite clairement à tenter d’escroquer un Africain cherchant une location… Bien sûr, derrière, ils ont dû tout préparer pour embobiner le gros malin.

——— Message transféré
De : yves dusoit Date : Tue, 12 Aug 2008 14:36:45 +0200
A : Francis Mizio
Objet : DEMANDE DE LOCATION
Bonjour Mr. et Mme,

Je me nomme Mr. Dusoit Yves, j’aimerai louer votre bien immobilier pour une période de deux mois à compter du 30 Aout au 30 Octobre 2008 . Je vous rappelle que nous sommes au nombre de trois personnes soit mon petit enfant de deux ans et ma femme et moi.

Si vous etes disponible pour cette période, veuillez me faire parvenir le devis total de ma location pour les deux mois y compris la caution et les charges.

PS: Au cas où il y aura des papiers à signer soit le contrat de location , je souhaiterai que vous me fassiez parvenir celà par fichier joint email. Pour ce qui est du paiement, je compte vous reglez par virement de banque.

Je vous demande de bien vouloir me contacter pour que nous en discutions et si possible s’il est possible que vous me fournissez un descriptif. Recevez mes sinceres salutations.

Mr. Dusoit Yves

Tel: +225 66 86 78 52
Avenue Des Oscars,
Rue Chardy 01
Bp 226 Abidjan 01
E-mail:dusoit.yves@yahoo.fr

Je ne vais pas donner de nom, mais j’ai connu ces dernières années un exemple de la grande bourgeoisie fortunée qui se faisait du fric dans la location au black d’un micro-appartement dégradé à des sans-papiers (ce qui a débouché sur un drame terrible, actuellement en jugement).

Après tout, dans une Europe devenue raciste, cynique et sans scrupule, jouer sur le registre de l’incitation à arnaquer est terriblement malin. Bon backlash [« retour de bâton », ndlr]. Bon esprit.

Quand l’escroc était « le Malien du ménage »

Il y a une vingtaine d’années, dans une ancienne vie, j’ai été second d’agence bancaire. Toutes les agences du coin ont été dépouillées la même matinée du même jour en argent liquide (de gros retraits, de 30 à 40 000 francs de l’époque), par une myriade de types structurés.

Deux heures après le retrait frauduleux, les escrocs étaient dans l’avion et l’administration centrale de la banque ressentait un gros creux à l’estomac. J’ai moi-même donné une telle somme en espèces à un des ces Africains : costard superbe coupe, langage châtié, courtois, drôle, cultivé, charmant, type business man…

Tout était en règle. Et lors du retrait, apparemment, c’était bien son fric. Il avait ouvert son compte une semaine plus tôt et retiré le virement qu’il attendait. En fait, il s’agissait d’un réseau de Maliens, formés de façon militaire à l’arnaque et l’informatique, qui débarquait en France, ouvrait des comptes, se faisait embaucher dans des sociétés de nettoyage et, la nuit, forçait les ordinateurs pour effectuer des virements sur leurs comptes tous frais.

Le mien, c’était un gros virement de la Loterie nationale (devenue depuis la Française des jeux). Mon client costard adorable était donc le « Malien du ménage », qui nettoie quelque part nuitamment un bureau, et dont personne ne se soucie, qu’on ne voit pas, à qui on ne parle pas.

J’avais trouvé l’arnaque brillante et déjà, subtile. La banque, le système capitaliste, l’Occident repu s’en sont remis. Ils s’en remettent toujours. En vérité, ces escrocs africains, je les adore.

Merci à Christian Dufour pour l’info sur les Mémoires de Vidocq, que l’on trouve sur Gallica.

La photographie m'a été offerte par "Dulconte", un internaute sur le site Rue89 où ce papier volontiers provoc est paru.

Man made machines (publicité indienne)

vendredi 15 août 2008

Ce que Manu Larcenet pense du Web 2.0

... Et je ne suis pas loin d'être totalement d'accord. Les réaction d'internautes sur certains de mes billets de Ru89 ou de Bibliobs, mais plus souvent la lecture des forums un peu partout me laissent, moi aussi, souvent "pantois, chancelant". C'est ici.
La réponse, drôle, est aussi ici.

samedi 9 août 2008

[Concarneau - Suite] Deux Belges : la romancière et réalisatrice Nadine Monfils et le peintre Paul Mahoux


[Concarneau - Suite] Paul Mahoux (2)

Paul, entre autres, intègre des morceaux de journaux ou alors les reproduit à sa façon selon ce qu'ils exprime ou ce qu'il veut exprimer (il a ainsi "revu" 85 "une" de Libération. Un livre a été édité). Là, il cherche un morceau adapté à coller dans son tableau. Il s'agira au final de petites annonces de chiens perdus, tirées du Télégramme de Brest.

jeudi 7 août 2008

Des bébés flamants roses bagués en Camargue avant de grands voyages


Gérard Moreau, dit "Gégé de Concarneau" me signale cet article de L'Internaute Magazine sur le baguage et l'étude des flamants de Camargue. Extrait :

Grâce au baguage, les scientifiques ont découvert que les flamants vivent vieux, jusqu'à plus de 40 ans.

"On a aussi montré qu'ils ne sont pas monogames. Le taux de divorce est de 100% par an puis ils choisissent de nouveaux partenaires mais du même âge", explique Arnaud Béchet, responsable du programme flamants roses à la Tour du Valat. Les flamants aiment aussi se "disperser". Nés en Camargue, ils peuvent se reproduire ensuite en Espagne ou en Turquie. Dans ces pays, ainsi qu'en Algérie, en Italie et en Mauritanie, la Tour du Valat soutient des programmes de baguage.

Merci Gégé !


[Concarneau - Suite] Le peintre, artiste contemporain et illustrateur, Paul Mahoux

mardi 5 août 2008

A paraître cet automne : "Arrêtez d'arrêter", une nouvelle dans le coffret Tabac des éditions de l'Atelier In8


Les éditions de l'Atelier In8 qui se sont fait remarquer récemment avec un coffret de nouvelles sur le vin et aussi sur le jazz, m'ont fait l'honneur de me demander un texte sur le tabac, qui sera magnifiquement "packagé" en forme de paquet de cigarettes américaines. Alors, non : je ne suis toujours pas parvenu à arrêter de fumer. Par ailleurs, comme j'aime bien faire mon contrariant, la nouvelle d'humour grinçant que j'ai rendue, "Arrêtez d'arrêter", va vous montrer en quoi fumer est politique... et comment c'est peut-être l'avenir. Parution à l'automne. J'ignore quels sont les autres auteurs, mais ce ne sera sans doute pas de la petite fumée.

[Concarneau - Suite] Mouloud Akkouche

Brandissant un marque-page de l'éditeur Bargain
(les initiés comprendront la signification de ce geste...)

Avec le romancier Jérôme Bucy, qui lui, ne laisse rien dans son assiette, lui...

lundi 4 août 2008

Conférence de fontes

Les polices de caractère se réunissent. Vont-elles adopter Zapf Dingbats ? Très drôle. Très futé... (merci Christian !)

dimanche 3 août 2008

[Concarneau - Suite] Jean-Hugues Oppel

L'auteur de thriller Jean-Hugues Oppel et le romancier Mouloud Akkouche

Jean-Hugues Oppel à table avec en face le dessinateur Jérémie Sauvant.
Au fond à gauche : Nadine Monfils et Gérard Goffaux.
A droite : Mangaza, compagne de Joe Pinelli et Barbara Abel.


samedi 2 août 2008

La théorie du panda, de Pascal Garnier (Zulma)

C'est un auteur que je croise très peu en festival, mais j'ai beaucoup d'affection et d'admiration pour lui : Pascal Garnier. Je le place comme un grand écrivain, adorant son style (une stupéfiante économie de moyens servie par des formules lumineuses et semble-t-il naturelles -Pascal Garnier parle en effet comme il écrit, et ce sont souvent des aphorismes qui lui naissent spontanément). Il écrit sur les gens ordinaires, souvent fracassés, et tout est en clair obscur, en silences, retenues, émotions et non-dits. Une sorte de Raymond Carver à nous qui se serait consacré au court récit résolument noirissime. Bref, Pascal Garnier c'est superbe, et le dernier opus m'a encore emporté... On se demande où il veut en venir, on suit un récit calme et touchant, bercé par la musique, et soudain vers la fin, c'est l'explosion. Pascal Garnier est un tragédien.
Juste un mot : la première page ouvre sur un homme qui attend (ou pas?), dans une gare. En quelques phrases on voit tout de lui, on sait tout, sans ne rien savoir. Il est paumé, il ne sait où aller, il est tranquillement hagard. Le réel n'a plus de prise, le temps n'a pas d'importance. D'ailleurs, écrit Pascal : "La pendule propose 17h18". La pendule "propose". Cette simple phrase, ce verbe si magnifiquement choisi dès le début (chez Garnier, du sens semble sourdre des objets et décors anodins tracés en quelques mots simples, pourtant) m'ont totalement fait chavirer, plonger dans le récit lu d'une traite. Procédé de poésie sans doute auquel d'ordinaire je suis peu sensible, sauf chez Garnier. La pendule propose, et dans ce propose, il y a tout le désarroi du personnage : l'heure est une idée à saisir ou non. Le réel lui dit ça, il est 17h18, le personnage peut s"il le veut s'y accrocher, s'y raccrocher et se sortir de son état. Le fera-t-il ?
La pendule propose 17h18. Perdu, paumé dans le torrent de livres et en proie à un humanisme désespéré, Garnier propose un texte. Voilà.

vendredi 1 août 2008

[Concarneau - Suite] Le dessinateur, plasticien, illustrateur Blÿnt

A gauche dans le fond : Lalie Walker. Après Blÿnt : le dessinateur de BD, Mako.

Le salariat, c'est fini !

Cinq ans et dix mois d'administration (je comptais y rester 3 mois...) et c'est fini depuis ce mercredi 31 juillet 2008, 18 h (j'y reviendrai... heu... je veux dire : j'en reparlerai ici... Bigre, non, je n'y retournerai pas). Voici mon dernier bureau, le 706 (c'est une photographie panoramique, cliquez dessus). Super, hein ? D'ici, j'en aurai fait des trucs persos, et bien des blogs ! J'y travaillais à droite, sur le Mac et le PC. Si vous voulez voir ce que j'y voyais par la fenêtre, c'est .
Quant à ma vie dans l'administration, elle a été outrancièrement romancée dans mon dernier roman, "D'un point de vue administratif" (comme vous savez, hmmmmm ?).