dimanche 21 décembre 2008

Bonne année, plus de "Santé"

Ben voilà, "La Santé par les plantes", c'est fini vous ne le trouverez plus en librairie (Bon, vous allez me le dire : vous ne le cherchiez pas... tant mieux il était indisponible depuis longtemps, facilement 2 ans). Il est épuisé et j'ai récupéré les droits. J'ai pensé le rééditer ailleurs, et puis à quoi bon. C'est le 2e bouquin à disparaître officiellement en un mois (et ce n'est pas terminé ! C'est l'hécatombe à venir, vous allez voir...).
Ce roman, mon premier, avait été édité la première fois par les Editions de la Loupiote de François Braud, en 96 ou 99, racheté par Patrick Raynal de la Série Noire et publié en version corrigée de quelques menus bugs en 1999, ce qui m'a mis une seconde fois le pied à l'étrier et m'a permis d'entrée dans le Mesplède, "Dictionnaire mondial des littératures policières". Il a sans doute un peu vieilli, mais ce roman noir déjanté me vaut encore de temps en temps des mails enthousiates et hilares de lecteurs qui le trouvent je ne sais trop comment. Au bout de plusieurs années, presque 10 ans, je ne sais toujours pas combien j'en ai vendu. 1 000 en version Loupiote, et chez Gallimard ? Je ne sais pas. Je ne saurai sans doute jamais. A vue de nez je dirais 5/6000 chez Gallimard, mais si ça se trouve, je me plante totalement, m'illusionne... Il a été traduit en Chine du Nord, mais là, si je ne sais pas les ventes, c'est excusable : c'est loin la Chine, et c'est plein de Chinois.
Il y a quelques semaines, j'ai envoyé un recommandé à la Série Noire (car son jeune directeur actuel Aurélien Masson -auquel je n'attribuerai pas de qualificatif ni sur lui, ni sur son travail et certains de ses choix, pour ne pas me prendre de procès, mais qu'il ne me croise pas dans un festival- ne répondait pas à mes courriels portant aimables et courtois dans lesquels je m'inquiétais du sort du livre, quoiqu'il soit mon éditeur et donc pourtant contractuellement mon agent) en leur demandant précisément mes chiffres de ventes (dont on ne m'a jamais parlé), puisque Gallimard ne l'exploitant plus, ne le réimprimant plus, ne le distribuant plus ,j'étais en droit de le faire... J'ai reçu en retour un relevé de statistiques illisibles et incompréhensibles, un chèque de 15,67 euros liés aux droits SOFIA (si peu ? Il est dans toutes les bonnes bibliothèques municipales...) - relevé abscons même pour un autre éditeur, ami expert, qui avoue n'avoir jamais entendu parler du type de renseignement qu'on a daigné m'octroyer. En gros, cela s'appelle être de gros malpolis méprisants. Si j'étais persuadé que le jeu en vaut la chandelle, tout ce qu'ils mériteraient, c'est que je leur colle un avocat teigneux aux fesses. Seule méthode pour qu'ils vous respectent, ces cliques qui vivent du livre et vous regardent de haut, quand elles daignent baisser les yeux.
"La Santé par les plantes," c'est donc terminé. Lionel Besnier qui fait office de "directeur de collection de Folio Policier", mais qui se révèle être surtout un gestionnaire de stocks aux ordres de la politique maison (une forme curieuse de magasinier, mais ce serait long à expliquer, -et là encore on ne va pas s'attirer des ennuis, hein) n'a pas souhaité le rééditer. "Ca ne s'est pas assez vendu", a-t-il estimé fin 2005, lui qui sait combien donc j'en aurais vendus (il y a eu une réimpression de 1 500 chez Gallimard au bout de deux ans, c'est tout ce que je sais), mais rachète parfois des nanars inconnus et invendus sur ordre maison pour compléter le fonds en prétendant être libre de ses choix et avoir une politique quelconque qui lui serait propre. On notera donc qu'être éditeur, c'est vendre ce qui s'est venu, selon l'approche de Lionel Besnier
Pantalonnade.
Bon, je m'en remettrai. C'est un roman qui a vécu. Et puis mes relations avec la maison Gallimard Jeunesse étant bonnes (quand on a besoin, hein, on est potes de tous côtés...), la vie continue. Aucune aigreur, car je sais que c'est toujours moi qui gagne à la fin (je n'aurais toutefois sans doute pas cette réaction ici si on m'avait parlé, simplement parlé, m'avait dit OUI, NON ou MERDE. Je ne suis pas difficile : je voulais juste une réponse).
Les Aurélien Masson, les Lionel Besnier, et autres jeunes hommes passables et en voie de maturité placés on ne sait comment à des postes clés de l'édition feront leur temps ; c'est inclus dans ce qu'ils sont, à quoi ils servent. Les paillassons s'usent toujours en entreprise, et on s'en lasse. Il y a des modes. Or, je suis increvable (oui, finalement), et suis en train de préparer mon orientation d'une façon, qui je l'espère, fera que tôt ou tard nombre de branle-couilles de l'édition (nous en reparlerons dans les mois qui viennent) viendront me manger tôt ou tard dans la main. Sans doute, leur cèderai-je alors, grand seigneur, quelques miettes, à grand prix. S'ils insistent, et avec l'humilité qui correspond à leur insignifiance et leur incompétence (car si ça ne s'est pas vendu, ce n'est pas de ma faute). Mais ce jour-là, qu'ils ne se retournent pas après être venus picorer. Qu'ils sortent de la pièce en reculant, car ils se prendront, sinon, un sacré coup de pied au cul.
C'est un serment, et je n'oublie rien.