mardi 8 avril 2008

"Le coup du sombrero" de Marc Villard (Ed. de l'Atalante)

Connaissez-vous les autofictions de Marc Villard chez L'Atalante ("Bonjour, je suis ton nouvel ami" ; "Un jour je serai latin lover", etc.) ? Celui qui est très connu pour ses textes jazz et noir/polar cultive une veine d'une délicate drôlerie, d'une autodérision délicieuse, d'un esprit goûteusement mauvais et subtilement caustique. Mais c'est aussi tendre, généreux, humaniste, et plus radical qu'il n'y paraît. Tout cela est fait avec une économie de moyens absolument bluffante. Du grand art. De la dentelle. J'ai beaucoup d'admiration pour ces textes.
Le dernier opus autofictif compile souvenirs de jeunesse, nouvelles noires et "souvenirs par anticipation" d'une vieillesse rockn'roll fantasmée... avec pour point commun : le football. Il se passe que j'ai horreur du football, mais là, je l'adore (les chroniques de la résidence des "Mésanges" sont du pur délice jubilatoire).
Il est très fort Marc Villard. il ne réussit pas que le coup du sombrero, ni même le double sombrero. Il n'écrit pas comme un pied non plus. C'est un Zidane de la nouvelle : droit au but et on se pâme. Sombrero ? Oui, chapeau bas.
Lisez celui-ci, et les autres. Ce n'est même plus un conseil, c'est un ordre.

Présentation de l'éditeur
- Papa, j'ai regardé ta boîte, lebourreau@hotmail.com. Deux Japonaises veulent que tu partes au Japon, ce sont des dingues du sombrero. Si tu n'y vas pas, l'une des deux se coupe le sein droit.
- Et l'autre ?
- Elle dit que seul De Rossi a sorti un double sombrero.
- C'est faux. Réponds à ces salopes nippones que ton père est l'auteur d'un double sombrero en seconde mi-temps de Lamberville/Neauphle-le-Château, mars 1996. Je ne vais pas me laisser emmerder par des bridés qui passent leurs week-ends à lorgner des sumos.
- Je lui écris ça, alors ?
- Of course.
Il y a des jours comme celui-ci qui me dépriment. Je me fais tellement chier que je vais écrire un livre. Un gros de quarante-cinq pages.

Dans ce recueil dédié à Diego Maradona, le "Bourreau de Bagatelle" jubile à entrecroiser ses vrais-faux exploits, passés et futurs, et ceux de ses héros. Lecteurs, à vos crampons !